Écureuils #8. Les écureuils de début février sont dans 1 BD et 2 albums

SKE couvLa BD, c’est Sixteen Kennedy Express, de Bastien Quignon (au dessin) et Aurélien Ducoudray (au texte) chez Sarbacane (sortie en librairie cette semaine!).

1 2Copyright Bastien Quignon.

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IMGP4573Le premier album est L’île aux chiens d’Aurore Callias chez Albin Michel Jeunesse.

IMGP4574 IMGP4575Copyright Aurore Callias.

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IMGP4576Le deuxième album est Le grand méchant livre de Catherine Leblanc et Charlotte des Ligneris au Seuil Jeunesse.

IMGP4578 2014-02-06Copyright Charlotte des Ligneris.

“La littérature, c’est vivre avant le temps”

Ce jeudi, je me suis levée à 4h44. Nuit noire. Des oiseaux chantonnaient dans le parc à côté. A 5h15, j’ai repris le texte de Marion Brunet commencé il y a quelques heures à peine. A 6h36, j’en suis au passage où Marion Brunet fait un clin d’œil à Guillaume Guéraud en citant un de ses romans et je trouve ça excellent! Je termine ma lecture un peu avant 7h. Ce texte de roman, c’est Frangine de Marion Brunet (son premier!). Il va paraître dans quelques jours chez Sarbacane. Qu’est-ce que j’ai aimé… En parler pour lui rendre justice ne sera pas simple! C’est un roman carrément-super-swoush!

Le 2 février, Aline Pailler recevait Claudine Desmarteau dans son émission Jusqu’à la lune et retour. Aline Pailler rapporte cette phrase formidable prononcée par une lectrice après la lecture de Troubles, le dernier roman paru de l’auteur :

La littérature, c’est vivre avant le temps

Et l’on apprend aussi que Claudine Desmarteau est en écriture d’un nouveau volume du Petit Gus : Petit Gus au collège! L’émission est à écouter ici!

Ce jeudi, j’ai vu des mouettes. Commencé à penser à 1 prochaine escapade à Londres. Ouvert la boîte L’atelier des spirales de Djeco réalisée par Elodie Nouhen et fait un des tableaux. Planté grâce à Adèle (encore merci ;-) ) Forêt-Wood sur mon bureau.
J’ai relu l’album Moi et rien de Kitty Crowther (Pastel) et relu 10 fois cette phrase :

A partir de rien, on peut tout faire.

 

et maintenant : bon vendredi ;-) !

“Papa, pourquoi tu me protèges pas ?”

Papa m’a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu’un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire.

Il a 13 ans. Ou plutôt « cent quarante-deux. »

« Usé, fatigué, amoché. A force de ressasser la peur, j’ai rogné tous les points d’appui (…). » Il se fait traiter de pédé au collège. Sa vie scolaire est un enfer, le groupe des Laurent-Vincent-Julien le harcèle, il rase les murs, s’ingénie à ne pas exister mais où qu’il passe, tous les chemins le « menaient à la peine ». La vie à la maison est marquée par les colères du père. Pour lui, c’est la faute de son fils s’il revient dans un sale état… « il dit que je suis une mauviette, il dit qu’il comprend pas pourquoi je suis comme ça, parce que « lui, à mon âge… ». Il dit que je manque de courage, que je dois pas être faible devant les autres. »

Sarah se tient à ses côtés. Elle s’en fout s’il aime les garçons. Mais ça ne suffit pas, il veut l’aide de son père, l’amour de son père. Il veut entendre les quelques mots qui lui donneront la force de se lever et de tenir debout, de se défendre et d’être lui-même.

Un après-midi, il n’en peut plus, il a désespérément besoin de son père.

J’veux plus me taire, j’peux plus me taire, parce que ça me tue, vraiment ça me tue. J’ai trop de bleus à l’intérieur. Papa, c’que j’veux, c’est mourir, tu comprends pas ?

Le père voit enfin la détresse de son fils. Il entame une discussion au cours de laquelle les mots sésames seront prononcés.

Des mots qu’un fils n’oublie pas… (et que je ne révèle pas ici ;-) )

Papa m’a dit une fois, une seule, ces mots que je n’oublierai pas. Les seuls mots qui comptent. Les seuls mots qui rendent fort.

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Ce texte est un coup de poing. Il se lit d’un seul coup, dans un seul souffle. Peu importe qu’il soit samedi soir 23h40 et quelques, que vos yeux tendent à se fermer… une fois commencé, A copier 100 fois se termine. Antoine Dole signe un texte très fort et très juste émotionnellement sur l’exclusion, l’homophobie et plus largement la différence, sur le fait de se sentir étranger, à côté, pas digne d’être en vie… et moi, je dis : Antoine Dole, bravo.

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A copier 100 fois d’Antoine Dole. Sarbacane. 6 euros.

Madeline et Jean l’ont également lu!

“Pour voir resplendir l’aube, il faut traverser la nuit.”

Traverser la nuit fait l’objet d’une lecture commune avec Bauchette et je vous invite à passer par chez elle!

 “Tout gosse déjà, je voulais que le bien triomphe et que plus personne ne soit malheureux. Je rêvais d’un monde où les pères ne battraient plus leurs enfants et où les fils ne feraient plus pleurer leur mère. Je voulais qu’il n’y ait plus de chagrin d’amour.

Vous allez sans doute penser que c’est débile ou que ce n’était qu’un délire de gosse, mais j’ai grandi et ça ne m’a pas quitté. Au contraire. On aurait même dit que ça se déployait. Pourtant, quand on voit la gueule de la planète, à la longue on est tenté de s’en laver les mains. Il y a trop de trucs qui ne tournent pas rond, bien trop pour ne pas devenir chèvre à la pensée. Mais je crois que c’est surtout parce qu’on ne prend pas les choses par leur bon petit côté. Ce qu’il faut, c’est revenir à la taille humaine. D’ailleurs, si chacun en faisait autant au lieu de se lamenter, peut-être qu’on serait déjà tirés d’affaire.”

Etrenjoie, Picardie.

Jacques Jaron est mort. Blanche, sa fille, a 17 ans. Elle est celle qui fait se retourner les hommes sur son passage, celle qui fait enrager les épouses… elle n’est pas encore adulte mais a déjà causé bien des émois chez nombre d’hommes du village.

Vilor a 25 ans, il est amoureux de Blanche et est gendarme dans ce coin de campagne picarde où il a toujours vécu. C’est lui qui mène l’enquête pour retrouver le meurtrier du père de Blanche. Jacques Jaron n’était pas un homme facile, il surprotégeait sa fille… son meurtre pourrait peut-être être le fait d’un amoureux éconduit qui voulait le champ libre, le maire notamment ?

Vilor mène 1 enquête qui avance laborieusement sinon à coups de verres de gnôle et déceptions dues à Blanche (la jeune femme le rabroue à la moindre approche sérieuse. Aucun mobile n’est trouvé, Vilor et ses collègues piétinent. Un procureur venu d’Amiens va mettre un coup d’accélérateur à l’enquête. La 2ème partie du roman est plus riche dans le nombre d’évènements mais tout autant sourde de non-dits, de secrets… La fin se rapproche et la tension monte considérablement… bientôt, les derniers mots sont là. On ressort abasourdis et sonnés par le dénouement.

(…) la misère est grande (…). Mais quoi faire ?

- (…) au fond, les gens ont juste besoin d’amour. Quand ils en manquent, ils perdent les pédales, et c’est trop tard.

Ruralité, alcool et patois picard (il y a 1 lexique à la fin pour la traduction des passages en picard) sont présents tout du long de ce roman. Il y a aussi la finesse d’écriture de Martine Pouchain, sa capacité à être juste dans les caractères qu’elle décrit. Ce roman n’est pas tellement un policier ou un polar… c’est le portrait d’un bout de société française. Très vite, on sent une tension certaine, une ambiance lourde sourde de secrets, on pressent une révélation terrible qui sera faite en fin de volume…

On pense à Guillaume Guéraud pour la force de l’écriture, la psychologie des personnages. Martine Pouchain sait brosser les caractères. C’est dur, c’est noir, et le suspense est excellent tout au long du roman et on a du mal à ressortir de ce texte… (Je le conseille à partir du lycée!)

1 autre roman de Martine Pouchain à découvrir dans la même collection : La ballade de Sean Hopper.

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Traverser la nuit de Martine Pouchain. Sarbacane. (Exprim’). 15,50 euros.

“Son coeur n’est pas de glace. Sous ses poils doux, son coeur bat, il bat toute la nuit. C’est la berceuse que je préfère.”

ça y est, les nouveautés commencent à arriver, ça c’est une des choses bien du mois de janvier…

… cette semaine est arrivé ce beau texte de Marcus Malte illustré par Aurélie Guillerey chez Sarbacane : Sous ma couverture vit un ours blanc, qu’est-ce que je l’ai aimé! Le texte était paru initialement chez Pocket il y a plus de 10 ans dans une collection de premières lectures. Le passage en album est bienvenu.

C’est une petite fille qui nous conte sa vie avec son ours, mais ce n’est pas un ours en peluche, non! C’est un vrai ours du vrai grand nord et c’est une superbe amitié entre ces deux-là…

Cet album est très doux et les illustrations d’Aurélie Guillerey sont justes à croquer.

Mon ami l’ours est venu jusqu’ici à la nage ou en luge, je ne sais plus, ou peut-être à skis, ou encore en patins à glace, ou bien tout à la fois. Un si long chemin et tout ça pourquoi? Pour me voir, moi!


Pour toutes les images : copyright Aurélie Guillerey, Sarbacane, 2012.

Si vous avez aimé Perdu? Retrouvé! (Oliver Jeffers, Kaléidoscope), vous adorerez Sous ma couverture vit un ours blanc. A voir aussi : J’ai un ours (de Mariana Ruiz Johnson chez Gallimard jeunesse).

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Sous ma couverture vit un ours blanc de Marcus Malte et Aurélie Guillerey. Sarbacane. 13,90 euros.

Coccinelles cherchent maison

copyright Marc Boutavant. Sarbacane. 2011.

2 coccinelles cherchent une maison. Elles sont accompagnées dans leur quête immobilière par un agent imbu de lui-même et bien peu doué. Les ptites coccinelles vont de mauvaise surprise en déconvenues diverses… La chute est savoureuse!

Le texte est signé Davide Cali et les illustrations sont de Marc Boutavant! Voui voui, vous lisez bien, un nouvel album illustré par celui qui a fait Mouk!

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Coccinelles cherchent maison de Davide Cali et Marc Boutavant. Sarbacane.

“Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier.”

“Quel âge as-tu mon garçon?

-Treize ans, répondis-je. Bientôt quatorze.

-Treize ans, quatorze ans : je ne sais pas ce que cela veut dire. Treize jours serait pour moi une éternité. Treize heures déjà… (…) ce n’est pas uniquement une question de temps. De durée. Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier. Il faut donner, Elias! C’est ça l’essentiel. C’est ça, le secret. Il faut offrir.”

Madeline parle très très bien de ce roman, je vous invite à aller la lire!

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Appelle-moi Charlie de Marcus Malte. Sarbacane (Mini-romans). 5 euros.

“Agathe soit se dépêcher, l’heure tourne! Elle escalade le bus par le petit escalier arrière, pour s’installer directement sur l’impériale…”

Agathe s’ennuie. Si elle faisait un voyage avec le nouveau sac à dos EXTRA-LARGE « Rêve au dos » ?? mais oui, cette idée lui plaît drôlement !!

Elle remplit son sac de 1000 choses, « Rêve au dos »  est fait pour ça ! et il est énooooorme !!!

La voilà partie, il faut qu’elle atteigne l’aéroport. Mais la foule de la grande ville + le métro + le bus vont mettre à mal son grand projet ! le sac l’empêche d’avancer correctement. Heureusement il y a Robinson, sa grue et son carnet d’adresses… :-)

Comme quoi il n’est pas besoin d’aller très loin pour trouver un coin de paradis, même dans une grande ville. Les illustrations sont pétillantes et les couleurs de Magali Le Huche sont irrésistibles !

« (…) Agathe passa des vacances paradisiaques, sur l’île de Robinson. Une île bien particulière tout près des étoiles, sans machine à laver ni bottes ni ciré. »

Le voyage d’Agathe et son gros sac de Magali Le Huche. Sarbacane. 14.90 euros.

A noter, Magali Le Huche illustre avec drôlerie un autre album ce printemps : Politesse, mes fesses ! C’est un texte de Bernard Friot paru initialement dans Nouvelles histoires pressées chez Milan.

et voilà le 5ème album de mon Big challenge Je lis aussi des albums!

« (…) Agathe passa des vacances paradisiaques, sur l’île de Robinson. Une île bien particulière tout près des étoiles, sans machine à laver ni bottes ni ciré. »

Extrait de l’album “le voyage d’Agathe et son gros sac”, Magali Le Huche. Sarbacane.

on se le dit ici ou là, oui, il y a de la désertion de blog… le soleil prend le pas!

aujourd’hui, j’ai bu un thé nommé “touareg” dans un chouette endroit avec une chouette copine en plein soleil. j’ai reçu 1 commande, mon premier livre des éditions Paumes à moi, les “bureaux à la maison”. j’ai lu des albums sur le balcon au soleil.

(lectures du moment!)

C’est un recueil de 4 nouvelles où il y a dans chacune 2 héros, des couples de copains, d’amis, cousins, ou compagnons d’infortune. Ces nouvelles parlent de l’avenir qui se construit, les lendemains pour lesquels on se bat afin d’obtenir du mieux, l’avenir qui se choisit. C’est plein d’espoir, ou de douceur ou de rage de vivre. Le ton est tour à tour poignant, comique, tendre, émouvant… j’ai dévoré ces 4 nouvelles, c’est un très bon recueil -à la sublime couverture, ce qui ne gâche rien- à lire dès 14-15 ans.

Tony reprend son sac à dos. Il en sort un petit livre de poche à la couverture blanche, l’ouvre à une page cornée et lit :
– Nous tenons la parole en laisse comme une petite bête domestique, alors qu’elle devrait sortir de nos coeurs brûlants.
Naïma se demande ce qu’on peut ajouter. Sur le coup, ça n’a l’air de rien, comme phrase. Mais finalement, passé la surprise d’entendre Tony,  qu’elle n’a jamais entendu lire qu’en classe –et encore, c’était sous la menace –, elle s’aperçoit qu’il a bien choisi son propos.
(…)
– Et… t’aimes bien ce qu’il a écrit ?
– Pas toujours. Mais ce que j’aime bien, c’est justement de tomber sur des trucs où tu te dis que t’aurais pu penser pareil, mais que tu t’en rendais pas compte. Tu vois ce que je veux dire ?

extrait de la nouvelle Loin des hommes. Comme des trains dans la nuit, Anne Percin. Rouergue, 2011.

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Le héros ment à sa mère, sur ce qu’il fume, sur ses sorties. Ce sont pour lui des mensonges sans conséquence, des mensonges nécessaires pour ne pas lui faire de mal. Quand les sentiments de sa mère sont en jeu, quand il se rend compte combien elle peut souffrir et surtout quand il fait la difficile expérience d’être celui à qui on ment, il considère les choses autrement, veut plus d’honnêteté et finalement plus de simplicité.

Les maux du coeur est un nouveau texte de la collection des mini-romans, au ton juste, j’ai beaucoup aimé.

Maman avait le coeur brisé.
J’aurais voulu lui dire que c’était rien, que tout allait bientôt s’arranger. Mais ces mots-là, c’est comme le mercurochrome, ça soigne que les blessures superficielles ; pour les autres blessures, les profondes, y a rien à faire à part attendre.

extrait de Les maux du coeur d’Axl Cendres. Sarbacane, 2011.

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J’aime bien cette phrase de Rachel Corenblit dans son nouveau roman Ceux qui n’aiment pas lire (à paraître dans le courant du mois dans la collection ZigZag du Rouergue) :

“La lecture, c’est comme la confiture. Faut laisser les enfants s’y coller comme des mouches.”

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Il y a aussi Un jour de Morris Gleitzman chez (Les Grandes Personnes). plusieurs jours qu’il est commencé. je n’avance pas vite parce que c’est dur, parce que ça fait longtemps que je n’avais pas lu de romans se passant durant la 2nde Guerre Mondiale. Félix a une dizaine d’années, il vit en Pologne, on est en 1942 et il découvre petit à petit les intentions des nazis. C’est l’abandon de l’enfance, de la naïveté et aussi la découverte de l’amitié, de l’entraide.