Résonances littéraires #5 ft. Marion Brunet et Mélanie Rutten

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Son père lui a raconté une histoire, un jour : celle d’un homme – ou d’un dieu? – qui avait pu tenir dans ses mains la bobine du fil de sa vie. Cet imbécile l’avait déroulée à toute vitesse, courant de bon moment en bon moment, évitant les coups durs, les souffrances, accélérant le mouvement de sa propre existence. Évidemment, en un temps record, il avait épuisé son quota et se retrouvait comme un con aux portes de la mort. L’idée générale, c’était quoi déjà? Qu’on n’a pas beaucoup de vrais bons moments dans une vie? Qu’il faut vivre le mauvais pour pouvoir profiter du bon? Un truc dans ce genre, un message subtil, typique parents. Si Lou chérit cette histoire, c’est parce qu’au fond, elle aurait rêvé d’avoir la même chance que cet homme – mais pour bloquer la bobine… quitte à végéter dans le rien quelque temps. Juste cesser de sentir la course folle du temps lui grignoter la vie.

C’est pour ça qu’elle a toujours peur de se planter, de faire les mauvais choix, et de regretter. Du coup, parfois, elle ne vit pas. Pas comme Mathilde et ses mille vies en une seule, toujours occupée à galoper au-devant du fil.

 

Extrait de La gueule du loup de Marion Brunet chez Sarbacane, un roman qui tord le ventre…

source 1 source 2Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

Il est beau le nouvel album de Mélanie Rutten, mais beau… Voici un court extrait :

Un matin,
l’Ombre voit quelqu’un sous un parapluie
qui trempe ses pieds dans la rivière.

Le vent souffle.
Si fort que le parapluie s’envole,
emportant le petit quelqu’un qui s’y accroche…

L’Ombre le rattrape de justesse.

La source des jours sera disponible mi-septembre che MeMo.

source 3Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

J’❤ “Lotte fille pirate”

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Lotte est une fille, une fille pirate! Elle vit dans la savane, parmi les animaux sauvages, a un toucan pour meilleur ami et dort dans une cabane (ahhh, cette cabane! elle fait rêver!) au bord de la rivière.

IMGP6410 IMGP6411Lotte aime cette vie- alors quand ses parents lui annoncent que des voisins vont bientôt s’installer, elle se met en colère, elle ne veut pas de ces intrus! Lotte se retire dans sa cabane et ne veut plus voir ses parents.

IMGP6413 IMGP6414Le soir, la pluie se met à tomber. Lotte n’a peur de rien, elle tente du moins de s’en convaincre : elle est une fille pirate ! Mais la pluie se mêle à un vent très fort, se transforme en tempête. Lotte a peur, elle abandonne sa cabane, elle est perdue dans la savane… ce sont les cris de son toucan qui permettront à un garçon de la retrouver… Un garçon qu’elle ne connaît pas encore mais elle aura tout le temps d’en savoir plus, ce garçon est un de ses nouveaux voisins! –ceux dont Lotte ne voulait pas entendre parler la veille…

IMGP6415 IMGP6417 Swoush… Quel superbe album!

Les couleurs d’Audrey Spiry sont somptueuses, on se croirait véritablement dans la savane! Lotte est une héroïne superbe et fantastique. J’adooore Lotte !

IMGP6408LA super affiche associée à l’album

Lotte fille pirate, c’est de Sandrine Bonini et les illustrations sont signées Audrey Spiry et c’est chez Sarbacane.

J’❤ “Fanfare”!

IMGP6400 IMGP6401Fanfare est un album qui vient de sortir chez Sarbacane,

signé Anne Cortey et Julia Wauters

IMGP6402 IMGP6403Au début, la fanfare ne suscite que remontrances et critiques de la part des villageois. C’est bruyant… la fanfare dérange!

IMGP6404 IMGP6405Puis la musique va inciter les habitants à sortir et va les rassembler.

Un petit vent de liberté va bousculer les vies rangées!

Un jour, la fanfare est sur le départ. Les villageois tentent de les retenir, ils regrettent leur mauvais accueil. La fanfare ne restera pas mais laisse un *beau* message : “continuez à danser, à jouer, à chanter comme cette nuit. Et n’oubliez pas de rester comme aujourd’hui.

Dans la vie.

IMGP6406Julia Wauters se fait l’écho du joli message que délivre Anne Cortey dans cet album avec ses splendides couleurs. C’est chaleureux et donne la pêche, bravo mesdames ;-) Vive la musique, vive Fanfare!

Fanfare d’Anne Cortey et Julia Wauters. Sarbacane. 

La Soupe de l’espace aime aussi!

Écureuils #8. Les écureuils de début février sont dans 1 BD et 2 albums

SKE couvLa BD, c’est Sixteen Kennedy Express, de Bastien Quignon (au dessin) et Aurélien Ducoudray (au texte) chez Sarbacane (sortie en librairie cette semaine!).

1 2Copyright Bastien Quignon.

★ ✩ ★

IMGP4573Le premier album est L’île aux chiens d’Aurore Callias chez Albin Michel Jeunesse.

IMGP4574 IMGP4575Copyright Aurore Callias.

★ ✩ ★

IMGP4576Le deuxième album est Le grand méchant livre de Catherine Leblanc et Charlotte des Ligneris au Seuil Jeunesse.

IMGP4578 2014-02-06Copyright Charlotte des Ligneris.

“La littérature, c’est vivre avant le temps”

Ce jeudi, je me suis levée à 4h44. Nuit noire. Des oiseaux chantonnaient dans le parc à côté. A 5h15, j’ai repris le texte de Marion Brunet commencé il y a quelques heures à peine. A 6h36, j’en suis au passage où Marion Brunet fait un clin d’œil à Guillaume Guéraud en citant un de ses romans et je trouve ça excellent! Je termine ma lecture un peu avant 7h. Ce texte de roman, c’est Frangine de Marion Brunet (son premier!). Il va paraître dans quelques jours chez Sarbacane. Qu’est-ce que j’ai aimé… En parler pour lui rendre justice ne sera pas simple! C’est un roman carrément-super-swoush!

Le 2 février, Aline Pailler recevait Claudine Desmarteau dans son émission Jusqu’à la lune et retour. Aline Pailler rapporte cette phrase formidable prononcée par une lectrice après la lecture de Troubles, le dernier roman paru de l’auteur :

La littérature, c’est vivre avant le temps

Et l’on apprend aussi que Claudine Desmarteau est en écriture d’un nouveau volume du Petit Gus : Petit Gus au collège! L’émission est à écouter ici!

Ce jeudi, j’ai vu des mouettes. Commencé à penser à 1 prochaine escapade à Londres. Ouvert la boîte L’atelier des spirales de Djeco réalisée par Elodie Nouhen et fait un des tableaux. Planté grâce à Adèle (encore merci ;-) ) Forêt-Wood sur mon bureau.
J’ai relu l’album Moi et rien de Kitty Crowther (Pastel) et relu 10 fois cette phrase :

A partir de rien, on peut tout faire.

 

et maintenant : bon vendredi ;-) !

“Papa, pourquoi tu me protèges pas ?”

Papa m’a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu’un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire.

Il a 13 ans. Ou plutôt « cent quarante-deux. »

« Usé, fatigué, amoché. A force de ressasser la peur, j’ai rogné tous les points d’appui (…). » Il se fait traiter de pédé au collège. Sa vie scolaire est un enfer, le groupe des Laurent-Vincent-Julien le harcèle, il rase les murs, s’ingénie à ne pas exister mais où qu’il passe, tous les chemins le « menaient à la peine ». La vie à la maison est marquée par les colères du père. Pour lui, c’est la faute de son fils s’il revient dans un sale état… « il dit que je suis une mauviette, il dit qu’il comprend pas pourquoi je suis comme ça, parce que « lui, à mon âge… ». Il dit que je manque de courage, que je dois pas être faible devant les autres. »

Sarah se tient à ses côtés. Elle s’en fout s’il aime les garçons. Mais ça ne suffit pas, il veut l’aide de son père, l’amour de son père. Il veut entendre les quelques mots qui lui donneront la force de se lever et de tenir debout, de se défendre et d’être lui-même.

Un après-midi, il n’en peut plus, il a désespérément besoin de son père.

J’veux plus me taire, j’peux plus me taire, parce que ça me tue, vraiment ça me tue. J’ai trop de bleus à l’intérieur. Papa, c’que j’veux, c’est mourir, tu comprends pas ?

Le père voit enfin la détresse de son fils. Il entame une discussion au cours de laquelle les mots sésames seront prononcés.

Des mots qu’un fils n’oublie pas… (et que je ne révèle pas ici ;-) )

Papa m’a dit une fois, une seule, ces mots que je n’oublierai pas. Les seuls mots qui comptent. Les seuls mots qui rendent fort.

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Ce texte est un coup de poing. Il se lit d’un seul coup, dans un seul souffle. Peu importe qu’il soit samedi soir 23h40 et quelques, que vos yeux tendent à se fermer… une fois commencé, A copier 100 fois se termine. Antoine Dole signe un texte très fort et très juste émotionnellement sur l’exclusion, l’homophobie et plus largement la différence, sur le fait de se sentir étranger, à côté, pas digne d’être en vie… et moi, je dis : Antoine Dole, bravo.

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A copier 100 fois d’Antoine Dole. Sarbacane. 6 euros.

Madeline et Jean l’ont également lu!

“Pour voir resplendir l’aube, il faut traverser la nuit.”

Traverser la nuit fait l’objet d’une lecture commune avec Bauchette et je vous invite à passer par chez elle!

 “Tout gosse déjà, je voulais que le bien triomphe et que plus personne ne soit malheureux. Je rêvais d’un monde où les pères ne battraient plus leurs enfants et où les fils ne feraient plus pleurer leur mère. Je voulais qu’il n’y ait plus de chagrin d’amour.

Vous allez sans doute penser que c’est débile ou que ce n’était qu’un délire de gosse, mais j’ai grandi et ça ne m’a pas quitté. Au contraire. On aurait même dit que ça se déployait. Pourtant, quand on voit la gueule de la planète, à la longue on est tenté de s’en laver les mains. Il y a trop de trucs qui ne tournent pas rond, bien trop pour ne pas devenir chèvre à la pensée. Mais je crois que c’est surtout parce qu’on ne prend pas les choses par leur bon petit côté. Ce qu’il faut, c’est revenir à la taille humaine. D’ailleurs, si chacun en faisait autant au lieu de se lamenter, peut-être qu’on serait déjà tirés d’affaire.”

Etrenjoie, Picardie.

Jacques Jaron est mort. Blanche, sa fille, a 17 ans. Elle est celle qui fait se retourner les hommes sur son passage, celle qui fait enrager les épouses… elle n’est pas encore adulte mais a déjà causé bien des émois chez nombre d’hommes du village.

Vilor a 25 ans, il est amoureux de Blanche et est gendarme dans ce coin de campagne picarde où il a toujours vécu. C’est lui qui mène l’enquête pour retrouver le meurtrier du père de Blanche. Jacques Jaron n’était pas un homme facile, il surprotégeait sa fille… son meurtre pourrait peut-être être le fait d’un amoureux éconduit qui voulait le champ libre, le maire notamment ?

Vilor mène 1 enquête qui avance laborieusement sinon à coups de verres de gnôle et déceptions dues à Blanche (la jeune femme le rabroue à la moindre approche sérieuse. Aucun mobile n’est trouvé, Vilor et ses collègues piétinent. Un procureur venu d’Amiens va mettre un coup d’accélérateur à l’enquête. La 2ème partie du roman est plus riche dans le nombre d’évènements mais tout autant sourde de non-dits, de secrets… La fin se rapproche et la tension monte considérablement… bientôt, les derniers mots sont là. On ressort abasourdis et sonnés par le dénouement.

(…) la misère est grande (…). Mais quoi faire ?

- (…) au fond, les gens ont juste besoin d’amour. Quand ils en manquent, ils perdent les pédales, et c’est trop tard.

Ruralité, alcool et patois picard (il y a 1 lexique à la fin pour la traduction des passages en picard) sont présents tout du long de ce roman. Il y a aussi la finesse d’écriture de Martine Pouchain, sa capacité à être juste dans les caractères qu’elle décrit. Ce roman n’est pas tellement un policier ou un polar… c’est le portrait d’un bout de société française. Très vite, on sent une tension certaine, une ambiance lourde sourde de secrets, on pressent une révélation terrible qui sera faite en fin de volume…

On pense à Guillaume Guéraud pour la force de l’écriture, la psychologie des personnages. Martine Pouchain sait brosser les caractères. C’est dur, c’est noir, et le suspense est excellent tout au long du roman et on a du mal à ressortir de ce texte… (Je le conseille à partir du lycée!)

1 autre roman de Martine Pouchain à découvrir dans la même collection : La ballade de Sean Hopper.

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Traverser la nuit de Martine Pouchain. Sarbacane. (Exprim’). 15,50 euros.

“Son coeur n’est pas de glace. Sous ses poils doux, son coeur bat, il bat toute la nuit. C’est la berceuse que je préfère.”

ça y est, les nouveautés commencent à arriver, ça c’est une des choses bien du mois de janvier…

… cette semaine est arrivé ce beau texte de Marcus Malte illustré par Aurélie Guillerey chez Sarbacane : Sous ma couverture vit un ours blanc, qu’est-ce que je l’ai aimé! Le texte était paru initialement chez Pocket il y a plus de 10 ans dans une collection de premières lectures. Le passage en album est bienvenu.

C’est une petite fille qui nous conte sa vie avec son ours, mais ce n’est pas un ours en peluche, non! C’est un vrai ours du vrai grand nord et c’est une superbe amitié entre ces deux-là…

Cet album est très doux et les illustrations d’Aurélie Guillerey sont justes à croquer.

Mon ami l’ours est venu jusqu’ici à la nage ou en luge, je ne sais plus, ou peut-être à skis, ou encore en patins à glace, ou bien tout à la fois. Un si long chemin et tout ça pourquoi? Pour me voir, moi!


Pour toutes les images : copyright Aurélie Guillerey, Sarbacane, 2012.

Si vous avez aimé Perdu? Retrouvé! (Oliver Jeffers, Kaléidoscope), vous adorerez Sous ma couverture vit un ours blanc. A voir aussi : J’ai un ours (de Mariana Ruiz Johnson chez Gallimard jeunesse).

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Sous ma couverture vit un ours blanc de Marcus Malte et Aurélie Guillerey. Sarbacane. 13,90 euros.

Coccinelles cherchent maison

copyright Marc Boutavant. Sarbacane. 2011.

2 coccinelles cherchent une maison. Elles sont accompagnées dans leur quête immobilière par un agent imbu de lui-même et bien peu doué. Les ptites coccinelles vont de mauvaise surprise en déconvenues diverses… La chute est savoureuse!

Le texte est signé Davide Cali et les illustrations sont de Marc Boutavant! Voui voui, vous lisez bien, un nouvel album illustré par celui qui a fait Mouk!

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Coccinelles cherchent maison de Davide Cali et Marc Boutavant. Sarbacane.

“Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier.”

“Quel âge as-tu mon garçon?

-Treize ans, répondis-je. Bientôt quatorze.

-Treize ans, quatorze ans : je ne sais pas ce que cela veut dire. Treize jours serait pour moi une éternité. Treize heures déjà… (…) ce n’est pas uniquement une question de temps. De durée. Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier. Il faut donner, Elias! C’est ça l’essentiel. C’est ça, le secret. Il faut offrir.”

Madeline parle très très bien de ce roman, je vous invite à aller la lire!

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Appelle-moi Charlie de Marcus Malte. Sarbacane (Mini-romans). 5 euros.