Résonances littéraires #5 ft. Marion Brunet et Mélanie Rutten

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Son père lui a raconté une histoire, un jour : celle d’un homme – ou d’un dieu? – qui avait pu tenir dans ses mains la bobine du fil de sa vie. Cet imbécile l’avait déroulée à toute vitesse, courant de bon moment en bon moment, évitant les coups durs, les souffrances, accélérant le mouvement de sa propre existence. Évidemment, en un temps record, il avait épuisé son quota et se retrouvait comme un con aux portes de la mort. L’idée générale, c’était quoi déjà? Qu’on n’a pas beaucoup de vrais bons moments dans une vie? Qu’il faut vivre le mauvais pour pouvoir profiter du bon? Un truc dans ce genre, un message subtil, typique parents. Si Lou chérit cette histoire, c’est parce qu’au fond, elle aurait rêvé d’avoir la même chance que cet homme – mais pour bloquer la bobine… quitte à végéter dans le rien quelque temps. Juste cesser de sentir la course folle du temps lui grignoter la vie.

C’est pour ça qu’elle a toujours peur de se planter, de faire les mauvais choix, et de regretter. Du coup, parfois, elle ne vit pas. Pas comme Mathilde et ses mille vies en une seule, toujours occupée à galoper au-devant du fil.

 

Extrait de La gueule du loup de Marion Brunet chez Sarbacane, un roman qui tord le ventre…

source 1 source 2Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

Il est beau le nouvel album de Mélanie Rutten, mais beau… Voici un court extrait :

Un matin,
l’Ombre voit quelqu’un sous un parapluie
qui trempe ses pieds dans la rivière.

Le vent souffle.
Si fort que le parapluie s’envole,
emportant le petit quelqu’un qui s’y accroche…

L’Ombre le rattrape de justesse.

La source des jours sera disponible mi-septembre che MeMo.

source 3Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

Résonances littéraires #4 ft. Nastasia Rugani et Olivier Adam

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(…) papa nous a toujours donné des listes et des listes d’ouvrages à lire. “Tant qu’il y aura des livres et des plantes, tout ira pour le mieux”, avait-il l’habitude de dire, un pavé dans une main, un arrosoir dans l’autre.

En ce moment, je lis La solitude des nombres premiers, de Paolo Giordano, un roman brillantissime. Sacha l’a d’ailleurs classé dans son Top 3, entre Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak, et La Mouette, de Tchekhov. Tous les soirs, nous lisons les suggestions de Dee ensemble, à voix haute. Avant d’éteindre la lumière, elle insiste pour chercher dans le dictionnaire les mots difficiles puis je lui explique les subtilités lui ayant échappé. Au réveil, elle n’a pas son pareil pour citer ses passages préférés, qui bien souvent se trouvent être également les miens.

C’est un extrait du très beau roman Tous les héros s’appellent Phénix de Nastasia Rugani à l’école des loisirs. Il paraîtra le 10 Septembre prochain.

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C’est le problème avec la vie, a pensé Antoine. La nôtre est toujours trop étriquée, et celle à laquelle on voudrait prétendre est trop grande pour simplement se la figurer. La somme des possibles, c’est l’infini qui revient à zéro.

Il lui suffit de si peu désormais pour que passent les heures. Et si peu de chose suffit à les faire déborder. Il se demande d’ailleurs comment le temps pouvait être à ce point extensible avant la retraite, et plus encore quand les enfants étaient à la maison. Comment on pouvait y faire entrer tant de choses. Le travail, les réunions, les déplacements, les séminaires, la maison, les papiers, le jardin, la course à pied, le vélo, le cinéma, les livres, les factures, le bricolage, les réparations, les repas, les amis, les réunions à l’école, les allers-retours pour mener l’un au tennis, l’autre à l’équitation, la troisième au conservatoire, la télévision, les doléances de chacun, l’attention qu’il faut leur porter. Bien sûr il n’arrivait pas à tout faire. Et n’en finit pas de se reprocher de n’avoir su trouver assez de temps pour elle, pour les enfants, et d’en avoir accordé tant au travail et à lui-même : tous ces moments qu’il s’aménageait pour se retrouver seul, en retrait, comme s’il lui fallait leur échapper en permanence, les fuir un peu, pour au final ne jamais avoir été suffisamment là, présent, attentif, jamais vraiment, ils le lui ont souvent reproché d’ailleurs. Tu n’étais jamais là de toute façon. Tu as tout donné à ton travail. Tu ne t’occupais pas vraiment de nous. Pas de manière continue. Régulièrement tu nous consacrais une heure, une heure pleine dont il fallait profiter et qu’il fallait garder en réserve, en mémoire pour le reste du temps. Aujourd’hui si peu de chose suffit. Feuilleter le journal. Une grille de mots croisés. Sortir faire une course.

Extraits de Peine perdue d’Olivier Adam chez Flammarion.

Un livre par semaine en 2014 – 27, 28 et 29#52 – de courtes histoires, quelques demoiselles et une heure bleue

Les semaines passent, les bons livres restent…

Le livre 27#52, c’est…

IMGP8275Histoires à emporter de José Parrondo à l’Association.

Il y a dans ce joli volume de courtes histoires absurdes, complètement fofolles, étonnantes, drôles… ou tout cela en même temps. Et c’est excellent!

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Le livre 28#52, c’est…

IMGP8271Les Demoiselles des Hauts-Vents de Yaël Hassan. Magnard jeunesse. La couverture est signée Pierre Mornet! ❤

J’ai mis du temps à le comprendre, mais je me rends bien compte aujourd’hui à quel point le silence, les secrets, les non-dits peuvent être destructeurs. Cela a assez duré. Il faut réparer ce qui est réparable (…).

J’ai terriblement aimé ce bon gros roman qui raconte l’histoire d’une famille qui connaît un drame –la mère qui disparaît à la veille des vacances d’été– et va tout faire pour la retrouver. L’histoire de cette fratrie de trois filles –Charlotte, Emilie et Anne (il y a de nombreuses autres références aux soeurs Brontë tout au long du roman)– confiés à leurs grands-parents maternels qu’elles ne connaissaient pas jusque-là ; les secrets de famille dévoilés, de nouvelles amitiés et pas mal de mysticisme… C’est très bon!

Le livre 29#52, c’est…

IMGP8280L’heure bleue de Ghislaine Herbéra chez MeMo.

L’annonce d’une nouvelle parution de la dame est pour moi une fête… Et cette Heure bleue m’a enchantée! Nomi est triste, Nomi est dans son heure bleue, l’heure mystérieuse. Et quand on ne se sent pas bien, il faut un … câlin!

IMGP8281Ce bel album sera disponible en librairie en août 2014.

“Pour voir resplendir l’aube, il faut traverser la nuit.”

Traverser la nuit fait l’objet d’une lecture commune avec Bauchette et je vous invite à passer par chez elle!

 “Tout gosse déjà, je voulais que le bien triomphe et que plus personne ne soit malheureux. Je rêvais d’un monde où les pères ne battraient plus leurs enfants et où les fils ne feraient plus pleurer leur mère. Je voulais qu’il n’y ait plus de chagrin d’amour.

Vous allez sans doute penser que c’est débile ou que ce n’était qu’un délire de gosse, mais j’ai grandi et ça ne m’a pas quitté. Au contraire. On aurait même dit que ça se déployait. Pourtant, quand on voit la gueule de la planète, à la longue on est tenté de s’en laver les mains. Il y a trop de trucs qui ne tournent pas rond, bien trop pour ne pas devenir chèvre à la pensée. Mais je crois que c’est surtout parce qu’on ne prend pas les choses par leur bon petit côté. Ce qu’il faut, c’est revenir à la taille humaine. D’ailleurs, si chacun en faisait autant au lieu de se lamenter, peut-être qu’on serait déjà tirés d’affaire.”

Etrenjoie, Picardie.

Jacques Jaron est mort. Blanche, sa fille, a 17 ans. Elle est celle qui fait se retourner les hommes sur son passage, celle qui fait enrager les épouses… elle n’est pas encore adulte mais a déjà causé bien des émois chez nombre d’hommes du village.

Vilor a 25 ans, il est amoureux de Blanche et est gendarme dans ce coin de campagne picarde où il a toujours vécu. C’est lui qui mène l’enquête pour retrouver le meurtrier du père de Blanche. Jacques Jaron n’était pas un homme facile, il surprotégeait sa fille… son meurtre pourrait peut-être être le fait d’un amoureux éconduit qui voulait le champ libre, le maire notamment ?

Vilor mène 1 enquête qui avance laborieusement sinon à coups de verres de gnôle et déceptions dues à Blanche (la jeune femme le rabroue à la moindre approche sérieuse. Aucun mobile n’est trouvé, Vilor et ses collègues piétinent. Un procureur venu d’Amiens va mettre un coup d’accélérateur à l’enquête. La 2ème partie du roman est plus riche dans le nombre d’évènements mais tout autant sourde de non-dits, de secrets… La fin se rapproche et la tension monte considérablement… bientôt, les derniers mots sont là. On ressort abasourdis et sonnés par le dénouement.

(…) la misère est grande (…). Mais quoi faire ?

- (…) au fond, les gens ont juste besoin d’amour. Quand ils en manquent, ils perdent les pédales, et c’est trop tard.

Ruralité, alcool et patois picard (il y a 1 lexique à la fin pour la traduction des passages en picard) sont présents tout du long de ce roman. Il y a aussi la finesse d’écriture de Martine Pouchain, sa capacité à être juste dans les caractères qu’elle décrit. Ce roman n’est pas tellement un policier ou un polar… c’est le portrait d’un bout de société française. Très vite, on sent une tension certaine, une ambiance lourde sourde de secrets, on pressent une révélation terrible qui sera faite en fin de volume…

On pense à Guillaume Guéraud pour la force de l’écriture, la psychologie des personnages. Martine Pouchain sait brosser les caractères. C’est dur, c’est noir, et le suspense est excellent tout au long du roman et on a du mal à ressortir de ce texte… (Je le conseille à partir du lycée!)

1 autre roman de Martine Pouchain à découvrir dans la même collection : La ballade de Sean Hopper.

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Traverser la nuit de Martine Pouchain. Sarbacane. (Exprim’). 15,50 euros.

“je voulais juste vivre, vivre mieux et plus fort”

un peu de la 4ème de couverture : Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé.

Dam s’excuse souvent, il ne sait pas comment dire ce qu’il y a dans sa tête. Seul le contact de Samy et sa présence parviennent à le rassurer. Mais il n’arrive pas à mettre de mots sur ce qu’il vit, ce qu’il pense et ressent alors il se scarifie, il libère son sang.

“Tant que je saigne je suis vivant.”

Dans Le faire ou mourir, j’ai le sentiment que chaque mot est pile où il faut et qu’il n’y en a pas un de trop . C’est comme une séance de cinéma avec le noir qui tombe au début et vous êtes dès le départ hypnotisé, captivé, troublé par ce qu’on vous raconte. Avec ce texte, j’ai été en osmose avec Damien et plusieurs fois au bord des larmes.

J’en ressors avec le sentiment d’avoir passé un grand moment avec Damien où je n’ai pas vu le temps passer, un moment terriblement fort et poignant. Je me sens après ce roman comme lorsque je suis sortie du film Black Swan, impressionnée, émue et soufflée. Claire-Lise Marguier signe là un premier roman abouti et parfaitement maîtrisé.

“Ils se rendent pas compte à quel point c’est éprouvant d’avoir tous ces sentiments qui bouillonnent, d’être toujours en train de cogiter, de réfléchir, de prévoir des solutions de rechange à tout ce qui se passe dans le monde. De comprendre toujours plus vite. Tu finis par te retrouver loin devant, et loin devant, c’est pareil que loin derrière, t’es tout seul, avec la différence que loin devant, les gens sont jaloux et curieux à la fois. Et cruels.”

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Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier. Rouergue (doado). 9,50 euros.

D’autres avis ici : Bauchette, Adolire, Clarabel.

“C’est important quand on commence une nouvelle vie de ne pas le faire là où on a laissé des souvenirs à tout le monde.”

Dans La ballade de Sean Hopper, il y a Sean. C’est celui qui abat les boeufs à l’abattoir, sans sourciller, sans hésiter. Et même en y prenant du plaisir. Sean n’est vraiment pas un personnage auquel on a envie de s’attacher. Mais sa cruauté est de celles qui retiennent l’attention. Les  pages de ce roman se tournent vite, on ne peut être qu’avide de savoir ce que…
La femme de Sean, Bonnie, prend la porte un soir et va se réfugier chez sa soeur. Sean sera hors de lui en comprenant ce qu’elle a fait. Il prend sa voiture, AC/DC hurle et tout se termine contre un platane.

C’est Bud, le voisin de Sean, qui est le narrateur de cette histoire. Il a l’âge d’être en quatrième mais il ne fréquente pas beaucoup l’école et personne ne se soucie de savoir s’il y va. Il vit avec sa grand-mère indienne qui n’est pas exactement en très bonne santé. Les repas sont moins copieux depuis que Bonnie est partie (elle faisait une tarte aux pommes divine dont Bud se délectait lorsque Sean était à l’abattoir) alors il va de temps en temps dans les réserves du père de Sean qui habite non loin de là. Le vieil homme est atteint d’Alzheimer et vole souvent l’épicier du coin.

Toujours est-il que Bud prend bien soin d’éviter Sean Hopper, ce sombre personnage qui lui fait peur. Il l’évite mais l’observe et il constate vite que Sean n’est plus le même après l’accident contre le platane, il ne peut plus abattre un boeuf comme avant par exemple. Sean lui adresse même la parole un soir et ne lui dis pas « dégage » comme il en a l’habitude.

La galerie de personnages s’étoffe au fur et à mesure et on se demande où on va, on sent que quelque-chose est possible entre tous ces cabossés, ces abîmés de la vie… alors on continue passionnément cette lecture jusqu’au dénouement final. Et on se sent gonflé d’espoir, les épreuves qui suivent les galères peuvent parfois précéder un joli avenir…

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La ballade de Sean Hopper
est un roman admirable.
Il me fait penser aux larmes de l’assassin -de Anne-Laure Bondoux chez Bayard- dont j’ai tant de mal à évoquer l’intrigue, même des années après l’avoir passionnément aimé et lu.
Les histoires de ce genre de roman sont fuyantes. Ces histoires touchent à l’universel, aux sentiments les plus profonds comme la rage de vivre, la violence contenue en chacun de nous qui se dévoile, les espoirs qui sont toujours possibles… Comme je disais au début, La ballade de Sean Hopper est admirable. Indispensable. Et totalement incroyable.
C’est un formidable roman à lire dès 14-15 ans.

La ballade de Sean Hopper de Martine Pouchain. Sarbacane (Exprim’). 15,50 euros.

“tu sais qu’avec toi, les choses qui ont foiré sont quand même un peu belles?”

(elle est pas incroyable cette citation franchement?!)


Tycho, Moritz et Vonda ont la vingtaine ou un peu moins et font leurs premiers pas dans la vie adulte. Tycho s’est inscrit à l’école nationale de création littéraire des Pays-Bas. Il a découvert son homosexualité au cours du  précédent été et s’évertue à oublier Oliver avec qui il a passé 2 mois idylliques. Il rencontre Vonda avant le début des cours, et s’entendent tout de suite. La décision de partager une coloc n’est pas difficile à prendre. Moritz se
rajoutera un peu plus tard.

Premier appart, premiers repas sans les parents…

Vonda veut être chanteuse et va être sélectionnée pour participer à l’Eurovision. Tycho et Moritz vont la suivre dans les diverses étapes qui vont aller jusqu’à la grande finale de ce concours…

Entre temps, une année mouvementée, beaucoup de mails et de lettres non envoyées de la part de Tycho à son amour perdu et dont il croit s’être détaché. Vonda a une histoire familiale difficile et une tendance au mensonge, dont Tycho fera les frais. Moritz est le plus effacé des trois…

« les mots, quand ils sont pensés, ont moins de force que lorsqu’ils sont prononcés à voix haute. »

On suit ces 3 personnages avec curiosité. Lancés dans leurs débuts de vies d’adultes, il y a des décisions à prendre, des responsabilités à assumer, des expériences et des erreurs à faire, un avenir à penser…

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All together, d’Edward van de Wendel. Thierry Magnier (Grands romans). 18 euros. À
partir de 14-15 ans.

“Un petit bout d’enfer”…

Aller au cinéma est un acte commun dont on revient sans tourment. En général. Mais ce n’est pas le cas pour l’héroïne de ce roman.


Elle va à une séance interdite aux moins de 16 ans, c’est un film d’horreur. Derrière elle, un homme se comporte de manière étrange. La peur la gagne vite. Tout s’accélère, la folie gagne le récit, 1 coup de feu retentit.

Il l’enlève. Elle se retrouve avec lui dans une maison reculée. L’horreur, le cauchemar se répandent telles des traînées de poudre.

La construction du roman fait qu’on passe de la détresse de l’héroïne à l’histoire du forcené qui l’a enlevée. Le lecteur découvre ce qui a poussé l’homme à commettre l’irréparable.


Je n’irai pas plus loin pour ne pas trop en révéler, mais sachez que ce roman est scotchant, l’écriture m’a un peu rappelée celle de Guillaume Guéraud, ils ont des voix terriblement prenantes et une fois commencé, il n’y a rien d’autre à faire que d’aller au bout, même si on sait que ça va être dur.

« Je sais ce qui restera en moi pour l’éternité. Pas l’amour. Pas la joie de revoir mon père et ma mère et mes amis. Pas ce retour forcé à la réalité. C’est le soupir des arbres qui chantent la mort. »

Rachel Corenblit explore dans Un petit bout d’enfer le traumatisme de manière implacable, sans concession et de manière tellement juste… Il y a l’avant, le vécu et l’après, le si difficile retour à la vie. D’ailleurs, le retour est-il possible?.. la question est posée!

Un petit bout d’enfer, de Rachel Corenblit. Rouergue. DoAdo Noir. 8 euros.

Mélanie de la Soupe a également trouvé ce roman complètement “swoush”!

De très très bons romans…

J’enchaîne leur lecture ces derniers temps mais je manque de temps pour en parler longuement! Il serait cependant dommage que je les garde pour moi alors voici un petit topo rapide!

Caulfield, sortie interdite chez Thierry Magnier vient agrandir la très très bonne collection des “grands romans” (c’est bien simple, ils sont tous excellents!).
Sturla meurt dans d’étranges circonstances. C’est du moins ce que pense Klaus qui vient juste de faire sa connaissance, il ne peut s’empêcher de fouiller dans le passé du garçon pour tenter de comprendre mais il sera confronté à nombre d’éléments perturbants. S’il mettait la main sur “Caulfield”, il en est persuadé, il avancera. Mais ce Caulfield ne
gagne pas à être connu, ohh non… Si vous êtes amateur de polars à l’ambiance froide et suédoise, vous ne serez pas déçus.. Par contre, je préfère vous prévenir : c’est glaçant,
le dénouement est atroce, mais c’est un roman de très bonne qualité!

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Caulfield, sortie interdite de Harald Rosenlow Eeg. Thierry Magnier. 17 euros.

La princesse et l’assassin aux éditions du Rouergue est un roman noir à l’intrigue brillamment maîtrisée.
D’étranges disparitions ont lieu dans la ville où vient de s’installer Nina et ses parents. Le lecteur peut le ressentir très vite : une chape de plomb plombe cette banlieue de Stockholm. Le rythme s’accélère au fil des chapitres, heureusement, le quotidien des lycéens vient apaiser les desseins meurtriers de celui qu’on ne soupçonne pas..
Lire le premier chapitre est possible ici!

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La princesse et l’assassin de Magnus Nordin. Rouergue (doAdo noir). 13.50 euros.

Hunger games chez Pocket Jeunesse est très prenant! Je n’y croyais pas du tout lorsque je l’ai reçu et puis les fameux billets de Clarabel ont eu raison de moi et je me suis totalement laissée embarquer par l’histoire.
Dans un futur plus ou moins proche, l’instance dirigeante des 12 districts qui composent ce que sont devenus les Etats-Unis tient ses sujets au plus près. Pour les soumettre, et leur rappeler si besoin est que toute critique du régime est interdite, un jeu est organisé chaque année, les Hunger games. Dans chaque district, 2 personnes sont tirées au sort et doivent prendre part à ce jeu effroyable : être LE survivant (sous-entendu : il faut tuer ou être le plus malin pour ne pas se faire tuer…).
Cette année, Katniss et Peeta représentent le district 12. Avant de rentrer dans l’Arène, Peeta déclare son amour à Katniss… est-il sincère ou ne serait-ce qu’un plan machiavélique pour s’attirer les faveurs du public? Et oui, car ces jeux sont suivis tous les jours à la télévision!  Mais je n’en dirais pas plus : laissez vous prendre par ce roman!

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Hunger Games de Suzanne Collins. Pocket Jeunesse. 17.90 euros.

En résumé, 3 romans forts et bien écrits, qui vous happent dès leur commencement. J’ai été totalement séduite!

“il ne faut jamais désespérer du genre humain. Pour un homme qui te laisse tomber, …

…tu en trouveras des dizaines d’autres qui t’aideront à te relever d’accord?
-D’accord.”

Années 1990, le Caucase.
Un enfant, une femme. Russes, français? Peu importe, ils sont sur les chemins.
Seuls? Non.
Il y a le froid, la neige, la faim. Mais aussi un samovar et son thé bouillant, un violon sans cordes, les histoires de Gloria, la femme, aux 1000 détails.
Le désespoir guette? Des tsiganes les recueillent.
L’ennui pointe son nez? C’est l’amitié qui rapplique.
Il y a surtout cette rage d’avancer, envers et contre tout, vers la France, vers un lendemain meilleur.
Il faut continuer, ne pas s’arrêter, aller “vers d’autres horizons” et espérer, toujours. Car c’est le seul remède contre le désespoir.

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Voilà un roman qui a un bon goût d’universel. Vous aussi, rentrez dans la danse, suivez les pas de Koumaïl et Gloria, et vous verrez -si vous n’en êtes pas déjà convaincu, auquel cas, ne vous inquiétez pas, vous ne vous ennuierez pas!!!- tout est possible. Oui, les miracles existent.

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Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux. Bayard. 11.90 euros.
En savoir plus, c’est par . Des extraits ici, et .
Un autre avis ici.