“Pour voir resplendir l’aube, il faut traverser la nuit.”

Traverser la nuit fait l’objet d’une lecture commune avec Bauchette et je vous invite à passer par chez elle!

 “Tout gosse déjà, je voulais que le bien triomphe et que plus personne ne soit malheureux. Je rêvais d’un monde où les pères ne battraient plus leurs enfants et où les fils ne feraient plus pleurer leur mère. Je voulais qu’il n’y ait plus de chagrin d’amour.

Vous allez sans doute penser que c’est débile ou que ce n’était qu’un délire de gosse, mais j’ai grandi et ça ne m’a pas quitté. Au contraire. On aurait même dit que ça se déployait. Pourtant, quand on voit la gueule de la planète, à la longue on est tenté de s’en laver les mains. Il y a trop de trucs qui ne tournent pas rond, bien trop pour ne pas devenir chèvre à la pensée. Mais je crois que c’est surtout parce qu’on ne prend pas les choses par leur bon petit côté. Ce qu’il faut, c’est revenir à la taille humaine. D’ailleurs, si chacun en faisait autant au lieu de se lamenter, peut-être qu’on serait déjà tirés d’affaire.”

Etrenjoie, Picardie.

Jacques Jaron est mort. Blanche, sa fille, a 17 ans. Elle est celle qui fait se retourner les hommes sur son passage, celle qui fait enrager les épouses… elle n’est pas encore adulte mais a déjà causé bien des émois chez nombre d’hommes du village.

Vilor a 25 ans, il est amoureux de Blanche et est gendarme dans ce coin de campagne picarde où il a toujours vécu. C’est lui qui mène l’enquête pour retrouver le meurtrier du père de Blanche. Jacques Jaron n’était pas un homme facile, il surprotégeait sa fille… son meurtre pourrait peut-être être le fait d’un amoureux éconduit qui voulait le champ libre, le maire notamment ?

Vilor mène 1 enquête qui avance laborieusement sinon à coups de verres de gnôle et déceptions dues à Blanche (la jeune femme le rabroue à la moindre approche sérieuse. Aucun mobile n’est trouvé, Vilor et ses collègues piétinent. Un procureur venu d’Amiens va mettre un coup d’accélérateur à l’enquête. La 2ème partie du roman est plus riche dans le nombre d’évènements mais tout autant sourde de non-dits, de secrets… La fin se rapproche et la tension monte considérablement… bientôt, les derniers mots sont là. On ressort abasourdis et sonnés par le dénouement.

(…) la misère est grande (…). Mais quoi faire ?

- (…) au fond, les gens ont juste besoin d’amour. Quand ils en manquent, ils perdent les pédales, et c’est trop tard.

Ruralité, alcool et patois picard (il y a 1 lexique à la fin pour la traduction des passages en picard) sont présents tout du long de ce roman. Il y a aussi la finesse d’écriture de Martine Pouchain, sa capacité à être juste dans les caractères qu’elle décrit. Ce roman n’est pas tellement un policier ou un polar… c’est le portrait d’un bout de société française. Très vite, on sent une tension certaine, une ambiance lourde sourde de secrets, on pressent une révélation terrible qui sera faite en fin de volume…

On pense à Guillaume Guéraud pour la force de l’écriture, la psychologie des personnages. Martine Pouchain sait brosser les caractères. C’est dur, c’est noir, et le suspense est excellent tout au long du roman et on a du mal à ressortir de ce texte… (Je le conseille à partir du lycée!)

1 autre roman de Martine Pouchain à découvrir dans la même collection : La ballade de Sean Hopper.

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Traverser la nuit de Martine Pouchain. Sarbacane. (Exprim’). 15,50 euros.

“je voulais juste vivre, vivre mieux et plus fort”

un peu de la 4ème de couverture : Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé.

Dam s’excuse souvent, il ne sait pas comment dire ce qu’il y a dans sa tête. Seul le contact de Samy et sa présence parviennent à le rassurer. Mais il n’arrive pas à mettre de mots sur ce qu’il vit, ce qu’il pense et ressent alors il se scarifie, il libère son sang.

“Tant que je saigne je suis vivant.”

Dans Le faire ou mourir, j’ai le sentiment que chaque mot est pile où il faut et qu’il n’y en a pas un de trop . C’est comme une séance de cinéma avec le noir qui tombe au début et vous êtes dès le départ hypnotisé, captivé, troublé par ce qu’on vous raconte. Avec ce texte, j’ai été en osmose avec Damien et plusieurs fois au bord des larmes.

J’en ressors avec le sentiment d’avoir passé un grand moment avec Damien où je n’ai pas vu le temps passer, un moment terriblement fort et poignant. Je me sens après ce roman comme lorsque je suis sortie du film Black Swan, impressionnée, émue et soufflée. Claire-Lise Marguier signe là un premier roman abouti et parfaitement maîtrisé.

“Ils se rendent pas compte à quel point c’est éprouvant d’avoir tous ces sentiments qui bouillonnent, d’être toujours en train de cogiter, de réfléchir, de prévoir des solutions de rechange à tout ce qui se passe dans le monde. De comprendre toujours plus vite. Tu finis par te retrouver loin devant, et loin devant, c’est pareil que loin derrière, t’es tout seul, avec la différence que loin devant, les gens sont jaloux et curieux à la fois. Et cruels.”

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Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier. Rouergue (doado). 9,50 euros.

D’autres avis ici : Bauchette, Adolire, Clarabel.

“C’est important quand on commence une nouvelle vie de ne pas le faire là où on a laissé des souvenirs à tout le monde.”

Dans La ballade de Sean Hopper, il y a Sean. C’est celui qui abat les boeufs à l’abattoir, sans sourciller, sans hésiter. Et même en y prenant du plaisir. Sean n’est vraiment pas un personnage auquel on a envie de s’attacher. Mais sa cruauté est de celles qui retiennent l’attention. Les  pages de ce roman se tournent vite, on ne peut être qu’avide de savoir ce que…
La femme de Sean, Bonnie, prend la porte un soir et va se réfugier chez sa soeur. Sean sera hors de lui en comprenant ce qu’elle a fait. Il prend sa voiture, AC/DC hurle et tout se termine contre un platane.

C’est Bud, le voisin de Sean, qui est le narrateur de cette histoire. Il a l’âge d’être en quatrième mais il ne fréquente pas beaucoup l’école et personne ne se soucie de savoir s’il y va. Il vit avec sa grand-mère indienne qui n’est pas exactement en très bonne santé. Les repas sont moins copieux depuis que Bonnie est partie (elle faisait une tarte aux pommes divine dont Bud se délectait lorsque Sean était à l’abattoir) alors il va de temps en temps dans les réserves du père de Sean qui habite non loin de là. Le vieil homme est atteint d’Alzheimer et vole souvent l’épicier du coin.

Toujours est-il que Bud prend bien soin d’éviter Sean Hopper, ce sombre personnage qui lui fait peur. Il l’évite mais l’observe et il constate vite que Sean n’est plus le même après l’accident contre le platane, il ne peut plus abattre un boeuf comme avant par exemple. Sean lui adresse même la parole un soir et ne lui dis pas « dégage » comme il en a l’habitude.

La galerie de personnages s’étoffe au fur et à mesure et on se demande où on va, on sent que quelque-chose est possible entre tous ces cabossés, ces abîmés de la vie… alors on continue passionnément cette lecture jusqu’au dénouement final. Et on se sent gonflé d’espoir, les épreuves qui suivent les galères peuvent parfois précéder un joli avenir…

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La ballade de Sean Hopper
est un roman admirable.
Il me fait penser aux larmes de l’assassin -de Anne-Laure Bondoux chez Bayard- dont j’ai tant de mal à évoquer l’intrigue, même des années après l’avoir passionnément aimé et lu.
Les histoires de ce genre de roman sont fuyantes. Ces histoires touchent à l’universel, aux sentiments les plus profonds comme la rage de vivre, la violence contenue en chacun de nous qui se dévoile, les espoirs qui sont toujours possibles… Comme je disais au début, La ballade de Sean Hopper est admirable. Indispensable. Et totalement incroyable.
C’est un formidable roman à lire dès 14-15 ans.

La ballade de Sean Hopper de Martine Pouchain. Sarbacane (Exprim’). 15,50 euros.

“tu sais qu’avec toi, les choses qui ont foiré sont quand même un peu belles?”

(elle est pas incroyable cette citation franchement?!)


Tycho, Moritz et Vonda ont la vingtaine ou un peu moins et font leurs premiers pas dans la vie adulte. Tycho s’est inscrit à l’école nationale de création littéraire des Pays-Bas. Il a découvert son homosexualité au cours du  précédent été et s’évertue à oublier Oliver avec qui il a passé 2 mois idylliques. Il rencontre Vonda avant le début des cours, et s’entendent tout de suite. La décision de partager une coloc n’est pas difficile à prendre. Moritz se
rajoutera un peu plus tard.

Premier appart, premiers repas sans les parents…

Vonda veut être chanteuse et va être sélectionnée pour participer à l’Eurovision. Tycho et Moritz vont la suivre dans les diverses étapes qui vont aller jusqu’à la grande finale de ce concours…

Entre temps, une année mouvementée, beaucoup de mails et de lettres non envoyées de la part de Tycho à son amour perdu et dont il croit s’être détaché. Vonda a une histoire familiale difficile et une tendance au mensonge, dont Tycho fera les frais. Moritz est le plus effacé des trois…

« les mots, quand ils sont pensés, ont moins de force que lorsqu’ils sont prononcés à voix haute. »

On suit ces 3 personnages avec curiosité. Lancés dans leurs débuts de vies d’adultes, il y a des décisions à prendre, des responsabilités à assumer, des expériences et des erreurs à faire, un avenir à penser…

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All together, d’Edward van de Wendel. Thierry Magnier (Grands romans). 18 euros. À
partir de 14-15 ans.

“Un petit bout d’enfer”…

Aller au cinéma est un acte commun dont on revient sans tourment. En général. Mais ce n’est pas le cas pour l’héroïne de ce roman.


Elle va à une séance interdite aux moins de 16 ans, c’est un film d’horreur. Derrière elle, un homme se comporte de manière étrange. La peur la gagne vite. Tout s’accélère, la folie gagne le récit, 1 coup de feu retentit.

Il l’enlève. Elle se retrouve avec lui dans une maison reculée. L’horreur, le cauchemar se répandent telles des traînées de poudre.

La construction du roman fait qu’on passe de la détresse de l’héroïne à l’histoire du forcené qui l’a enlevée. Le lecteur découvre ce qui a poussé l’homme à commettre l’irréparable.


Je n’irai pas plus loin pour ne pas trop en révéler, mais sachez que ce roman est scotchant, l’écriture m’a un peu rappelée celle de Guillaume Guéraud, ils ont des voix terriblement prenantes et une fois commencé, il n’y a rien d’autre à faire que d’aller au bout, même si on sait que ça va être dur.

« Je sais ce qui restera en moi pour l’éternité. Pas l’amour. Pas la joie de revoir mon père et ma mère et mes amis. Pas ce retour forcé à la réalité. C’est le soupir des arbres qui chantent la mort. »

Rachel Corenblit explore dans Un petit bout d’enfer le traumatisme de manière implacable, sans concession et de manière tellement juste… Il y a l’avant, le vécu et l’après, le si difficile retour à la vie. D’ailleurs, le retour est-il possible?.. la question est posée!

Un petit bout d’enfer, de Rachel Corenblit. Rouergue. DoAdo Noir. 8 euros.

Mélanie de la Soupe a également trouvé ce roman complètement “swoush”!

De très très bons romans…

J’enchaîne leur lecture ces derniers temps mais je manque de temps pour en parler longuement! Il serait cependant dommage que je les garde pour moi alors voici un petit topo rapide!

Caulfield, sortie interdite chez Thierry Magnier vient agrandir la très très bonne collection des “grands romans” (c’est bien simple, ils sont tous excellents!).
Sturla meurt dans d’étranges circonstances. C’est du moins ce que pense Klaus qui vient juste de faire sa connaissance, il ne peut s’empêcher de fouiller dans le passé du garçon pour tenter de comprendre mais il sera confronté à nombre d’éléments perturbants. S’il mettait la main sur “Caulfield”, il en est persuadé, il avancera. Mais ce Caulfield ne
gagne pas à être connu, ohh non… Si vous êtes amateur de polars à l’ambiance froide et suédoise, vous ne serez pas déçus.. Par contre, je préfère vous prévenir : c’est glaçant,
le dénouement est atroce, mais c’est un roman de très bonne qualité!

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Caulfield, sortie interdite de Harald Rosenlow Eeg. Thierry Magnier. 17 euros.

La princesse et l’assassin aux éditions du Rouergue est un roman noir à l’intrigue brillamment maîtrisée.
D’étranges disparitions ont lieu dans la ville où vient de s’installer Nina et ses parents. Le lecteur peut le ressentir très vite : une chape de plomb plombe cette banlieue de Stockholm. Le rythme s’accélère au fil des chapitres, heureusement, le quotidien des lycéens vient apaiser les desseins meurtriers de celui qu’on ne soupçonne pas..
Lire le premier chapitre est possible ici!

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La princesse et l’assassin de Magnus Nordin. Rouergue (doAdo noir). 13.50 euros.

Hunger games chez Pocket Jeunesse est très prenant! Je n’y croyais pas du tout lorsque je l’ai reçu et puis les fameux billets de Clarabel ont eu raison de moi et je me suis totalement laissée embarquer par l’histoire.
Dans un futur plus ou moins proche, l’instance dirigeante des 12 districts qui composent ce que sont devenus les Etats-Unis tient ses sujets au plus près. Pour les soumettre, et leur rappeler si besoin est que toute critique du régime est interdite, un jeu est organisé chaque année, les Hunger games. Dans chaque district, 2 personnes sont tirées au sort et doivent prendre part à ce jeu effroyable : être LE survivant (sous-entendu : il faut tuer ou être le plus malin pour ne pas se faire tuer…).
Cette année, Katniss et Peeta représentent le district 12. Avant de rentrer dans l’Arène, Peeta déclare son amour à Katniss… est-il sincère ou ne serait-ce qu’un plan machiavélique pour s’attirer les faveurs du public? Et oui, car ces jeux sont suivis tous les jours à la télévision!  Mais je n’en dirais pas plus : laissez vous prendre par ce roman!

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Hunger Games de Suzanne Collins. Pocket Jeunesse. 17.90 euros.

En résumé, 3 romans forts et bien écrits, qui vous happent dès leur commencement. J’ai été totalement séduite!

“il ne faut jamais désespérer du genre humain. Pour un homme qui te laisse tomber, …

…tu en trouveras des dizaines d’autres qui t’aideront à te relever d’accord?
-D’accord.”

Années 1990, le Caucase.
Un enfant, une femme. Russes, français? Peu importe, ils sont sur les chemins.
Seuls? Non.
Il y a le froid, la neige, la faim. Mais aussi un samovar et son thé bouillant, un violon sans cordes, les histoires de Gloria, la femme, aux 1000 détails.
Le désespoir guette? Des tsiganes les recueillent.
L’ennui pointe son nez? C’est l’amitié qui rapplique.
Il y a surtout cette rage d’avancer, envers et contre tout, vers la France, vers un lendemain meilleur.
Il faut continuer, ne pas s’arrêter, aller “vers d’autres horizons” et espérer, toujours. Car c’est le seul remède contre le désespoir.

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Voilà un roman qui a un bon goût d’universel. Vous aussi, rentrez dans la danse, suivez les pas de Koumaïl et Gloria, et vous verrez -si vous n’en êtes pas déjà convaincu, auquel cas, ne vous inquiétez pas, vous ne vous ennuierez pas!!!- tout est possible. Oui, les miracles existent.

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Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux. Bayard. 11.90 euros.
En savoir plus, c’est par . Des extraits ici, et .
Un autre avis ici.

Peut-être une histoire d’amour…

Virgile a 31 ans, vit à Paris, travaille dans la pub, est célibataire et n’est pas contre un verre de Bourgogne de temps en temps. Un jour, il reçoit un message de Clara sur son répondeur. Elle lui annonce qu’elle le quitte. Or, Virgile en est persuadé, jamais il n’est sorti avec une Clara… à moins qu’il ne soit terriblement malade et qu’il l’ait oubliée (Virgile est un brin hypocondriaque!). Il passe alors une batterie d’examens, passe même un scanner. Quel sera le diagnostic?

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Virgile a une personnalité déroutante. Très attaché à Paris (la capitale a une grande place dans le roman : “En arrivant à la gare Montparnasse, l’année de ses 18 ans, Virgile avait décidé que Paris serait l’objet de son amour, parce qu’il fallait bien mettre son amour quelque-part. Paris ne le quitterait pas. Paris était là quand il en avait besoin. Paris n’exigeait pas de partir en vacances sur une île paradisiaque, sur des plages écœurantes de crème et de soleil. Paris se moquait qu’il ne fasse pas la vaisselle pendant une semaine, ne se rase pas, et s’habille mal. Paris l’aimait.”)

donc je reprends… Virgile est très attaché à sa ville et à sa propre personne. Il ne prend jamais aucun risque, il est celui qui refuse catégoriquement une promotion dans son entreprise. Mais le message de Clara va changer ça, et va même bouleverser la vie de Virgile en profondeur.

“En mimant son comportement habituel, il avait pris conscience de la caricature qu’il était : un perpétuel insatisfait, répétant les mêmes plaintes et ne se remettant jamais en question. Il remerciait Clara d’avoir permis cette révélation.”

Voilà un roman original, où il ne se passe pas grand-chose, mais une fois commencé, je suis allée jusqu’au bout avec empressement et curiosité. Virgile m’était au départ presque antipathique et puis je me suis attachée. L’écriture de Martin Page rappelle celle de Régis de Sa Moreira pour le petit grain de folie et le côté “fable” qu’annonce la 4ème de couverture de ce roman.

C’est plaisant et mine de rien, ça fait réfléchir sur le monde contemporain, la place de l’individu -et également de la ville- dans la société.

Peut-être une histoire d’amour de Martin Page. L’Olivier. 18 euros.

“Ces petites choses”

Ravi Kapoor est médecin en Grande-Bretagne. Marié à Pauline, il a la cinquantaine et de trop nombreux patients, “son travail l’isolait de ce monde qui lui expédiait ses victimes par des portes battantes qui ne cessaient de chuinter et de soupirer”. Ravi est un homme las, mais ce ne serait rien si son beau-père, un “répugnant vieux salopard”, doublé d’un obsédé sexuel, n’avait pas envahi sa demeure. A la retraite, Norman s’est effectivement installé tout récemment et Ravi ne veut qu’une chose, qu’il s’en aille!!
C’est par le cousin de Ravi, Sonny, que la solution se présente. Sonny vit à Bangalore, et a dans l’idée de monter une “chaîne de maisons de retraite” (!) en Inde et de délocaliser quelques vieillards britanniques.
L’idée devient réalité et nous voici en train de suivre les aventures de personnes âgées “déplacées”…

Il n’y a pas qu’en France que la population vieillit, et qu’on ne sait pas quoi faire des personnes âgées. Le roman commence plutôt bien, l’idée est… originale. Les caractères à l’emporte-pièce font sourire, et puis je me suis lassée en cours de route. Je crois que je ne suis pas laissée prendre par l’humour de l’auteur, je ne suis pas passée au-delà de cette idée de “délocalisation”, de se débarrasser de ce qui dérange ou gêne, le plus loin possible. Je suis quand même allée au bout, mais sans grand enthousiasme, et sans doute que ce livre ne prendra pas beaucoup de place dans ma mémoire..

Ces petites choses de Deborah Moggach. Le Livre de Poche. 6.95 euros.

Quelques autres avis : Lily, Clarabel, Tamara, Anne, Praline

De quelques prochaines sorties…

Voilà ce que dit Electre pour Breaking Dawn, de Stephenie Meyer, qui vient de sortir en anglais et qui arrivera en France le 22 octobre prochain :

“Bella a fait son choix : elle s’apprête à épouser Edward. Mais celui-ci honorera-t-il sa part du marché ? Acceptera-t-il de la transformer en vampire et d’accepter de la voir renoncer à sa vie humaine ? Dernier tome de la tétralogie.”

A lire, un article sur le site de Livres Hebdo : Breaking Dawn est presque en rupture

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Un autre roman de Stephenie Meyer est prévu en France, toujours pour octobre 2008, chez Lattès cette fois-ci.

Résumé Electre : “La Terre a été envahie par un ennemi invisible et petit à petit les âmes vagabondes s’emparent du corps des hommes en neutralisant leur esprit. La quasi-totalité de l’humanité a ainsi succombé. Melanie Stryder appartient au dernier groupe d’hommes libres. Mais les Traqueurs la capturent et lui insèrent Vagabonde, une âme exceptionnelle qui a déjà connu plusieurs corps.”

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Et un nouveau J.K. Rowling est prévu pour la fin d’année, en anglais!