(Résonances littéraires #3 ft. Arne Svingen, Holly Goldberg Sloan et Matt Haig)

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-       Tu sais ce que c’est le secret, pour s’en tirer comme un chef dans la vie ?

-       Non.

-       Moi non plus.

Extrait de La chanson du nez cassé de Arne Svingen chez Magnard jeunesse. A paraître en octobre 2014.

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Les gens adorent tout ce qu’ils pensent être gratuit.

(…)

L’idée d’obtenir quelque chose sans contrepartie séduit viscéralement les gens.

Même si rien n’est jamais gratuit.

Le fardeau de la possession fait que tout a un prix.

 

-

 

Il est possible que toutes les étiquettes soient une malédiction. A moins qu’elles ne soient collées sur des produits d’entretien.

Parce que, selon moi, ce n’est une très bonne idée de réduire les gens à une seule caractéristique.

Chaque personne est constituée de nombreux ingrédients qui font d’elle une création unique.

Nous sommes des bouillons génétiques imparfaits.

Extraits de La vie par 7 de Holly Goldberg Sloan. Gallimard jeunesse. A paraître en octobre 2014.

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(…) les humains sont, à maints égards, aussi étranges que l’on pouvait s’y attendre. (…) Leur conversation exprime très rarement ce dont ils souhaitent réellement parler (…)

Ah, et n’oublions pas les choses-qu’ils-inventent-pour-se-rendre-heureux-et-qui-ne-font-que-leur-malheur. La liste est infinie. Elle comprend, entre autres : faire du shopping, regarder la télévision, chercher le meilleur emploi, acheter la plus grosse maison, écrire un roman semi-autobiographique, éduquer leurs petits, donner à leur peau un aspect légèrement moins flétri, et entretenir le vague désir que tout cela ait un sens.

 

(…) sur Terre, aller sur les réseaux se réduit à s’asseoir devant un ordinateur dépourvu de conscience pour taper des mots indiquant qu’on boirait bien un café et lire les messages des autres disant qu’ils boiraient bien un café, tout en oubliant pendant ce temps de faire du vrai café. C’est le journal d’actualités qu’ils attendaient tous. Celui dans lequel les nouvelles ne parlent que d’eux-mêmes.

Extraits de Humains de Matt Haig. Hélium. A paraître fin août 2014.

Matt Haig livre une postface touchante où il explique notamment comment est né ce roman. Extrait : “l’idée d’écrire cette histoire m’est venue en 2000, alors que j’étais aux prises avec des crises de panique. (…) La seule chose que je pouvais faire pour m’apaiser un peu était lire. (…) Je vais mieux. La lecture m’a aidé. L’écriture aussi. c’est pour cela que je suis devenu écrivain. J’ai découvert que les mots et les histoires nous procuraient des sortes de cartes géographiques, des moyens de retrouver le chemin vers nous-mêmes. Je crois sincèrement que la fiction a le pouvoir de sauver des vies et des têtes, précisément pour cette raison.”

3 romans, 3 coups de coeur…

Que de prochains bons conseils de lecture à donner!

(22 juin 2014. Résonances littéraires, ft. Annie Ernaux, Marie-Sabine Roger et Anne-Laure Bondoux)

cielEn ce moment, je suis un maelström d’émotions variées, qui se succèdent à un rythme important. / Je pleure puis je ris ; je m’exclame de joie et je fais des bonds au téléphone, puis les larmes remontent à cause de la poussière ou parce que j’entends quelque chose de joli de la part d’un client. / Je suis déçue, j’attends mais je ne devrais pas… / Je mets un point d’honneur à constater qu’il fait bleu dehors et que demain, tout ne s’écroulera pas parce que je n’ai pas réussi à faire tout ce que je voulais. Oui, demain, il fera jour. / Mon frère est 3ème de sa promo et je suis toute fière. / Je suis a-mou-reuse. Et que c’est bon. / Entendre Timothée de Fombelle parler de son prochain livre et de l’achat compulsif de valises est émouvant.

Mon ultra-perfectionnisme m’encombre. / Je passe beaucoup de temps dans des TGV, je suis fatiguée, je me répète, je m’inquiète. / Je voudrais parler clairement mais c’est tout le contraire qui se passe. / Tout ce qui me semble évident et que je ressasse plus ou moins longtemps passe le seuil de ma bouche de manière au mieux désordonnée et au pire incompréhensible. Et c’est énervant.

Je me laisse surprendre par le calendrier et je ne sais pas où file le temps. / La seule chose capable de me calmer durablement est lire. Et je fais de belles découvertes. Qui m’aident. Il est parfois déstabilisant, confondant ou bien réconfortant de se retrouver dans les livres…

Je me demande si je n’écris pas pour savoir si les autres n’ont pas fait ou ressenti des choses identiques, sinon, pour qu’ils trouvent normal de les ressentir.

Annie Ernaux

 Journal de Julie Delporte (sorti chez L’agrume tout récemment) débute avec cette citation d’Annie Ernaux.

msr(Que j’aime cette couverture !)

Dès qu’on la voit, on sait qu’elle est naïve, et qu’elle aime la vie. On sent qu’elle pourrait tout lâcher dans l’instant pour aider quelqu’un en détresse, sauf peut-être -et encore?- une petite impudente, qui aurait fait de l’œil à son Nassar chéri.

Il y a des gens comme ça. Rien de mauvais en eux, rien de vraiment médiocre, seulement quelques défauts d’enfants, brouillons, inattentifs, crédules, pleins d’espoir, possessifs, capricieux. Trop sincères.

Extrait de Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger. A paraître dans la collection la brune au Rouergue en août prochain.

alb(Que j’aime cette couverture également! Je ne sais pas pour la précédente mais elle-ci est signée Hélène Druvert.)

Dans le noir, les yeux grands ouverts, Bo s’interrogeait sur le sens de l’existence, et sur ce qu’il voulait vraiment. Il n’est jamais facile de savoir ce que l’on souhaite vraiment, surtout lorsqu’on a peur de trouver des réponses, et les idées se cognaient comme des mouches à l’intérieur de son crâne.

Extrait de Tant que nous sommes vivants de Anne-Laure Bondoux. A paraître chez Gallimard jeunesse en septembre prochain.

 

“Si on ne sait pas ce que l’on aime, on est perdu.”

A la question “Où donc a-t-il puisé la confiance nécessaire pour faire ce qu’il voulait?, Haruki Murakami (dans le dernier Magazine littéraire) répond :

“Je savais ce que j’aimais. J’aimais lire. J’aimais écouter de la musique. Et j’aime les chats. Ces trois choses-là. Alors bien qu’enfant unique, je pouvais être heureux parce que je savais ce que j’aimais. Ces trois choses n’ont pas changé depuis mon enfance. Je sais encore maintenant ce que j’aime. Ça, c’est de la confiance. Si on ne sait pas ce que l’on aime, on est perdu.

Pour moi, cela fait écho à un passage de La guerre de Catherine de Julia Billet (à paraître à l’école des loisirs) (je l’ai beaucoup aimé ce roman soit dit en passant!).

Chaque fois qu’une oeuvre nous donne à approcher le monde autrement, chaque fois qu’une oeuvre nous donne à regarder autrement la vie, nous sommes plus forts et plus justes, plus proches de nous-même et de la tribu des humains.”

 

oui, le bleu gagne sur le blanc et les feuilles des arbres vont revenir!

aujourd’hui, c’est le printemps et par ici, ça swingue à nouveau.
depuis quelques jours, je revis… à 1000 à l’heure, je (re)goûte des plaisirs tout simples, je lis, je déjeune ou je prends prendre un thé avec les copines, je passe un jour au salon du livre de Paris et je vois seulement de loin Alberto Manguel, Jo Witek, Chris Haughton et les géniaux auteurs des Pyjamarama -mais c’était quand même une super chouette journée (et merci Xavier d’être passé :-) !-, j’ai très très envie d’apprendre à faire du crochet et ptêtre bien que j’y arriverai (va falloir t’armer de patience maman!), cet été on ira aux Etats-Unis ET au Canada pour les vacances et le voyage se précise (je rêve de tout ce que je veux voir à New-York et à Montréal, j’ai appris hier que Chez Simone (qui sera à mon avis juste extra) va tout bientôt ouvrir et ça c’est cool…

1 extrait de “Je m’appelle Mina”

je livre ce soir un des passages que j’ai terriblement aimés dans ce roman lu d’une traite hier.

Je suis allée dans ma chambre, et j’ai feuilleté les livres sur mon étagère. J’en ai sorti trois, trois des albums les plus extraordinaires du monde. Max et les maximonstres de Maurice Sendak, La chasse à l’ours de Michael Rosen et Dogger de Shirley Hugues. Je me suis allongée sur mon lit et je les ai lus, j’ai regardé leurs images exactement comme quand j’étais petite. J’ai dansé la danse des maximonstres avec Max, je me suis risquée dans la caverne de l’ours avec toute la famille, je me suis vraiment triste pour Dave qui avait perdu son jouet, Dogger, puis vraiment heureuse pour lui quand il l’a retrouvé.

Je les ai relus une deuxième fois, et je suis devenue songeuse, je me suis souvenue de papa, de la façon dont il me lisait ces livres juste avant que je m’endorme. Je n’ai pas d’image de lui très forte. J’ai l’impression de l’entendre à moitié, de le voir à moitié, comme si c’était le personnage d’un rêve qu’on a d’autant  plus de mal à se rappeler qu’on essaie de le faire. Quand je lis les mots de ces livres, il me semble entendre à moitié le son de sa voix qui me les lisait.

Ce roman, c’est Je m’appelle Mina de David Almond et il est sorti il y a quelques jours chez Gallimard jeunesse.

(…) une fillette d’une dizaine d’années lui jette un regard perçant. Cela ne dure qu’une fraction de seconde, mais ce regard, si puissant malgré la distance, reste gravé sous ses paupières.”

(cette citation est extraite du très beau retour de la demoiselle de Cathy Ytak (L’école des loisirs, Médium).)

en cette après-midi de fin janvier, il fait gris, une fleur de thé se déploie dans ma théière… 2012 est bel et bien commencée. ce matin, avant de vraiment réunir toutes mes cartes de voeux ❤❤❤, j’ai lu (et terriblement aimé) le roman Le retour de la demoiselle de Cathy Ytak (L’école des loisirs, Médium)… (j’en dis plus cette semaine!)

il y a sur ce bout de mur un peu de Bauchette, de Lucie, de Matisse et sa maman, de Didier jeunesse, d’Albin, de Rue du Monde, des épiciers de l’orage et de ma copine-anyway.

un autre extrait du retour de la demoiselle :

Brian s’évade et rêve d’un autre monde, loin des cris et de la fureur des guerres. Un monde où les gens vivraient en paix, où la nature serait simplement respectée. Un humain, un arbre, un animal.  Une pierre, de l’eau. Tous indispensables, tous irremplaçables. Avec la musique au centre, pour relier les hommes et la terre qui les porte.

“Je suis QUI, moi ?”*

*extrait de La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu. Delcourt/Mirages.

aujourd’hui, j’ai repensé à la superbe bande dessinée La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu (sortie cette semaine, dévoré le soir même de son arrivée à la librairie, j’ai a-do-ré).

J’ai lu Hate List de Jennifer Brown (Albin Michel Jeunesse, à paraître en février), Joe Millionnaire de David Walliams et Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices de Rupert Kingfisher et Sue Hellard (ces 2 derniers vont paraître dans un nouvelle collection, Witty, chez Albin Michel Jeunesse en mars prochain).

J’ai relu l’excellentissime et géniale nouvelle aventure de P’tit Bonhomme : La drôle de maladie de P’tit Bonhomme (Pierre Delye et Irène Bonacina. Didier jeunesse) parue cette semaine.

J’ai écouté le mistral souffler fort fort fort dehors, j’ai relu quelques petits passages de Café givré (Susanne Selfors, Flammarion) que j’ai dévoré super vite cette semaine, j’ai bu du thé installée dans mon fauteuil, j’ai dégusté un bon gros chamallow enrobé de chocolat (le chocolat craque comme celui des glaces Magnum dans la pub, miam !)…

Je lis plein de choses ces derniers jours, des albums et des romans excellents mais les mots me manquent quand je suis devant mon clavier… j’attends que ça revienne pour mieux vous parler de tout ça!

“Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier.”

“Quel âge as-tu mon garçon?

-Treize ans, répondis-je. Bientôt quatorze.

-Treize ans, quatorze ans : je ne sais pas ce que cela veut dire. Treize jours serait pour moi une éternité. Treize heures déjà… (…) ce n’est pas uniquement une question de temps. De durée. Ce qui compte, c’est ce qu’on met à l’intérieur du sablier. Il faut donner, Elias! C’est ça l’essentiel. C’est ça, le secret. Il faut offrir.”

Madeline parle très très bien de ce roman, je vous invite à aller la lire!

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Appelle-moi Charlie de Marcus Malte. Sarbacane (Mini-romans). 5 euros.

“Avoir peur n’est pas une bonne manière de vivre.”

à Marseille, un matin de cette semaine.

“(…) on se sent plus fort quand on surmonte sa peur. Être timide, c’est un peu avoir peur des autres.”

“Les êtres humains sont très malins et ils ont inventé toutes sortes de techniques et de machines admirables. Mais, entre nous, rien ne remplace la parole, le dialogue, la discussion. Les mots sont plus puissants sur n’importe quelle invention. La manière la plus simple de dire quelques chose à quelqu’un, c’est de l’exprimer avec des mots.”

Toutes les citations d’aujourd’hui sont extraites du Bal de la Saint-Valentin d’Isabelle Jarry et Aurore Callias publié par Gallimard jeunesse.