Les lectures de la semaine qui m’ont fait voyager, qui m’ont émue et fait sourire

C’est quand qu’on retourne aux Etats-Unis?

IMG_20150621_120253Luna et sa mère vont passer 33 nuits aux Etats-Unis. Elles viennent d’arriver à Monument Valley :

Je crois que je n’ai jamais rien vu d’aussi beau. On ne parle même plus, maman et moi. Souffle coupé. Pas besoin de mots. C’est simple : j’ai mes poils de bras qui se dressent tellement c’est chouette!!

Le voyage file tout seul, le spectacle est là, juste au bord du chemin.

Après quelques jours, l’émerveillement de Luna est toujours comme neuf :

Monument Valley s’embrase, couleurs de feu, et j’ai la chance d’être là pour assister au spectacle. Je crois que je n’ai jamais rien vu de plus émouvant de ma vie… En fait, j’ignorais que parfois, les paysages peuvent vous retourner comme une crêpe.

Extrait de Il était 2 fois dans l’Ouest de Séverine Vidal et Anne-Lise Combeaud, un Pépix à paraître le 26 août prochain chez Sarbacane.

 ☀

LA préface qui m’a profondément touchée et émue…

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Couverture provisoire

« C’est arrivé ou ce n’est pas arrivé, écrit Luda, mais tout peut arriver même si ça n’arrive pas. » Elle n’est plus là depuis qu’elle l’a décidé, en 2002. (…) Forte personnalité et grande réserve (chez elle, l’un n’empêchait pas l’autre…), voix grave et veloutée, franc-parler, civilité extrême, un si beau visage, le front dégagé par des peignes de nacre, souvent en pantalon et chemisier à jabot, toujours de gris vêtue, la couleur de ses yeux. Elle aimait la langue de veau sauce ravigote, les airelles, le gingembre confit, la culture des terroirs, les jouets traditionnels, les artistes de l’avant-garde russe des années 1920, et les petites poupées, Yeats, Maïakovski, Cendrars, O. Henry, Mark Twain, W.C. Fields et Eisenstein, les nouvelles policières, et ces contes obliques où les mensonges disent la vérité. Elle pouvait énumérer les treize desserts de Provence, connaissait mieux le Caucase que l’Amazonie, préférait Andersen aux Grimm qu’elle trouvait trop cruels, etc.

(…)

Avec Luda, j’étais nourrie à la meilleure des sources, une gelée royale. Un passage de … témoin et une merveilleuse initiation : « Qui s’attarde à écouter un sage conseil gagne du temps. » Son amitié, sa présence me manquent de plus en plus au fil du temps, comme ses réponses aux questions que je n’ai jamais su lui poser : trop tôt, trop tard! Et peut-être me dirait-elle, comme dans Vassilissa-la-très-belle : « Demande! Mais toute question n’est pas bonne à poser. D’en savoir trop long, on vieillit trop vite! »

Luda est partie avec toute cette mémoire en elle, mais ses contes continuent à vivre et à courir le monde… Voilà. C’est comme ça que c’est arrivé. Comme ça et pas autrement.

– Épreuves non corrigées – Extrait de Cet endroit-là du conte, le superbe texte que signe Muriel Bloch en ouverture de Contes de Luda, un recueil de contes à paraître le 8 octobre prochain chez Gallimard jeunesse – Giboulées.

 

Totoro : 1 / Superman : 0

IMG_20150626_223337Cette BD est malheureusement épuisée depuis pas mal de temps mais j’ai réussi à trouver un exemplaire d’occasion cette semaine et je suis trop contente de pouvoir enfin la relire à l’envi, sans aller l’emprunter régulièrement à la bibliothèque…

Elle est humaine, il est chat. Elle n’est pas rousse mais « blond vénitien », c’est un vrai goinfre. Elle aime le thé, il fume la pipe. Leur couple est improbable mais bien réel et leurs aventures se lisent avec délectation!

Un extrait en images (clic sur chacune d’elles pour les voir en plus grand) :

20150627_000846-001 20150627_000820-001 20150627_000827-001Extrait de Shä & Salomé – Jours de pluie de Loïc Clément et Anne Montel chez Jean-Claude Gawsewitch.

 

IMG_20150626_102120-1Bon week-end :-)

Des livres et des mots qui me portent

Cette fin de semaine, j’ai aimé…

IMG_20150621_090740Comme une envie de voir la mer de Anne Loyer chez Alice.

Elle pense à tout ce silence qui pèse des tonnes et qu’elle a cru pouvoir soulever toute seule pour s’en débarrasser.

 

L’amour ne peut pas tout.


IMG_20150620_073056Pieds nus dans les ronces de Lisa Zordan chez Michel Lagarde.

Je sais qu’on doit tous en passer par là un jour ou l’autre.

Se lancer dans la vie. Profiter.

Avant que les choses ne changent.

Avant que le cœur ne cesse de battre.

Et nourrisse les vers.


IMG_20150620_073221Lettre à Line de Amélie Billon chez Alice.

Et puis, je suis montée dans ta chambre. Il ne reste plus grand-chose. Tes parents ont tout rangé dans un gros coffre. C’est là que j’ai découvert ton cahier. Je ne savais pas que tu y écrivais depuis tes treize ans. Une fois de plus, j’ai pleuré en te lisant. Tu avais écrit de magnifiques poèmes. J’ai aussi lu des choses horribles sur ton poids, sur ton apparence. Tu ne t’aimais pas, Line, et je n’ai pas été là pour te dire que tu étais belle. Si tu savais à quel point tu étais belle. Mais, de toute façon, ce n’était pas vraiment cela que tu cherchais. Je ne sais même pas si tu savais ce que tu cherchais.

IMG_20150621_090456Le rêveur qui ramassait des papiers bonbon de François David et Nathalie Novi chez La poule qui pond.

Je ne sais jamais quel jour on est.

Sommes-nous encore hier ?

Ou sommes-nous déjà demain ?

Oh ! Il reste bien aujourd’hui mais aujourd’hui c’est pas le nom d’un jour !

IMG_20150621_090531Les tout petits métiers, un livre de Yann Pendariès (pour les photographies), Mélanie Lemogne et Arno Cayotte (pour les textes), publié par les éditions Unicité.

Le gonfleur de citrouilles, Le décrocheur de lune ou le touilleur de café sont des tout petits métiers. Ce sont des métiers bien méconnus, des métiers souvent ignorés… tiens, connaissez-vous Le tourneur de pages ?

Captivé par cette histoire de madeleines, de pirates et de crimes en archipel, le lecteur ne peut se détourner du cours du récit pour redescendre sur terre et tourner la page. Un instant de pause, si minime soit-il, serait une déchirure, une suspension malheureuse dans l’intrigue. Le métier de tourneur de pages est la solution et c’est ma profession. Cousin littéraire du tourneur de partition, je m’applique au moment crucial à lire à vois haute les derniers mots de la page 33 en tirant fermement le coin de la page 34. Je tourne indifféremment les pages des manuscrits, des incunables, des romans policiers, des bandes dessinées. Je lis aussi bien le latin que l’Obélix. Mon dos préfère le papier bible. C’est dans mon contrat article 3. Je lis aussi les yeux des lecteurs et guette leurs premiers signes de fatigue. Quand le sommeil les gagne, je m’allonge doucement, me drape en papier et marque-page.

IMG_20150621_090650et enfin, il y a la Petite encyclopédie des introvertis de Coline Pierré trouvée sur le Monstrograph (atelier de sérigraphie de Martin Page et Coline Pierré).

Extrait imagé :

20150621_091930-1Ah, quelle formidable petite encyclopédie ! j’a-do-re !

Résonances littéraires #5 ft. Marion Brunet et Mélanie Rutten

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Son père lui a raconté une histoire, un jour : celle d’un homme – ou d’un dieu? – qui avait pu tenir dans ses mains la bobine du fil de sa vie. Cet imbécile l’avait déroulée à toute vitesse, courant de bon moment en bon moment, évitant les coups durs, les souffrances, accélérant le mouvement de sa propre existence. Évidemment, en un temps record, il avait épuisé son quota et se retrouvait comme un con aux portes de la mort. L’idée générale, c’était quoi déjà? Qu’on n’a pas beaucoup de vrais bons moments dans une vie? Qu’il faut vivre le mauvais pour pouvoir profiter du bon? Un truc dans ce genre, un message subtil, typique parents. Si Lou chérit cette histoire, c’est parce qu’au fond, elle aurait rêvé d’avoir la même chance que cet homme – mais pour bloquer la bobine… quitte à végéter dans le rien quelque temps. Juste cesser de sentir la course folle du temps lui grignoter la vie.

C’est pour ça qu’elle a toujours peur de se planter, de faire les mauvais choix, et de regretter. Du coup, parfois, elle ne vit pas. Pas comme Mathilde et ses mille vies en une seule, toujours occupée à galoper au-devant du fil.

 

Extrait de La gueule du loup de Marion Brunet chez Sarbacane, un roman qui tord le ventre…

source 1 source 2Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

Il est beau le nouvel album de Mélanie Rutten, mais beau… Voici un court extrait :

Un matin,
l’Ombre voit quelqu’un sous un parapluie
qui trempe ses pieds dans la rivière.

Le vent souffle.
Si fort que le parapluie s’envole,
emportant le petit quelqu’un qui s’y accroche…

L’Ombre le rattrape de justesse.

La source des jours sera disponible mi-septembre che MeMo.

source 3Copyright Mélanie Rutten, MeMo, 2014.

Résonances littéraires #4 ft. Nastasia Rugani et Olivier Adam

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(…) papa nous a toujours donné des listes et des listes d’ouvrages à lire. « Tant qu’il y aura des livres et des plantes, tout ira pour le mieux », avait-il l’habitude de dire, un pavé dans une main, un arrosoir dans l’autre.

En ce moment, je lis La solitude des nombres premiers, de Paolo Giordano, un roman brillantissime. Sacha l’a d’ailleurs classé dans son Top 3, entre Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak, et La Mouette, de Tchekhov. Tous les soirs, nous lisons les suggestions de Dee ensemble, à voix haute. Avant d’éteindre la lumière, elle insiste pour chercher dans le dictionnaire les mots difficiles puis je lui explique les subtilités lui ayant échappé. Au réveil, elle n’a pas son pareil pour citer ses passages préférés, qui bien souvent se trouvent être également les miens.

C’est un extrait du très beau roman Tous les héros s’appellent Phénix de Nastasia Rugani à l’école des loisirs. Il paraîtra le 10 Septembre prochain.

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C’est le problème avec la vie, a pensé Antoine. La nôtre est toujours trop étriquée, et celle à laquelle on voudrait prétendre est trop grande pour simplement se la figurer. La somme des possibles, c’est l’infini qui revient à zéro.

Il lui suffit de si peu désormais pour que passent les heures. Et si peu de chose suffit à les faire déborder. Il se demande d’ailleurs comment le temps pouvait être à ce point extensible avant la retraite, et plus encore quand les enfants étaient à la maison. Comment on pouvait y faire entrer tant de choses. Le travail, les réunions, les déplacements, les séminaires, la maison, les papiers, le jardin, la course à pied, le vélo, le cinéma, les livres, les factures, le bricolage, les réparations, les repas, les amis, les réunions à l’école, les allers-retours pour mener l’un au tennis, l’autre à l’équitation, la troisième au conservatoire, la télévision, les doléances de chacun, l’attention qu’il faut leur porter. Bien sûr il n’arrivait pas à tout faire. Et n’en finit pas de se reprocher de n’avoir su trouver assez de temps pour elle, pour les enfants, et d’en avoir accordé tant au travail et à lui-même : tous ces moments qu’il s’aménageait pour se retrouver seul, en retrait, comme s’il lui fallait leur échapper en permanence, les fuir un peu, pour au final ne jamais avoir été suffisamment là, présent, attentif, jamais vraiment, ils le lui ont souvent reproché d’ailleurs. Tu n’étais jamais là de toute façon. Tu as tout donné à ton travail. Tu ne t’occupais pas vraiment de nous. Pas de manière continue. Régulièrement tu nous consacrais une heure, une heure pleine dont il fallait profiter et qu’il fallait garder en réserve, en mémoire pour le reste du temps. Aujourd’hui si peu de chose suffit. Feuilleter le journal. Une grille de mots croisés. Sortir faire une course.

Extraits de Peine perdue d’Olivier Adam chez Flammarion.

(Résonances littéraires #3 ft. Arne Svingen, Holly Goldberg Sloan et Matt Haig)

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–       Tu sais ce que c’est le secret, pour s’en tirer comme un chef dans la vie ?

–       Non.

–       Moi non plus.

Extrait de La chanson du nez cassé de Arne Svingen chez Magnard jeunesse. A paraître en octobre 2014.

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Les gens adorent tout ce qu’ils pensent être gratuit.

(…)

L’idée d’obtenir quelque chose sans contrepartie séduit viscéralement les gens.

Même si rien n’est jamais gratuit.

Le fardeau de la possession fait que tout a un prix.

 

 

Il est possible que toutes les étiquettes soient une malédiction. A moins qu’elles ne soient collées sur des produits d’entretien.

Parce que, selon moi, ce n’est une très bonne idée de réduire les gens à une seule caractéristique.

Chaque personne est constituée de nombreux ingrédients qui font d’elle une création unique.

Nous sommes des bouillons génétiques imparfaits.

Extraits de La vie par 7 de Holly Goldberg Sloan. Gallimard jeunesse. A paraître en octobre 2014.

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(…) les humains sont, à maints égards, aussi étranges que l’on pouvait s’y attendre. (…) Leur conversation exprime très rarement ce dont ils souhaitent réellement parler (…)

Ah, et n’oublions pas les choses-qu’ils-inventent-pour-se-rendre-heureux-et-qui-ne-font-que-leur-malheur. La liste est infinie. Elle comprend, entre autres : faire du shopping, regarder la télévision, chercher le meilleur emploi, acheter la plus grosse maison, écrire un roman semi-autobiographique, éduquer leurs petits, donner à leur peau un aspect légèrement moins flétri, et entretenir le vague désir que tout cela ait un sens.

 

(…) sur Terre, aller sur les réseaux se réduit à s’asseoir devant un ordinateur dépourvu de conscience pour taper des mots indiquant qu’on boirait bien un café et lire les messages des autres disant qu’ils boiraient bien un café, tout en oubliant pendant ce temps de faire du vrai café. C’est le journal d’actualités qu’ils attendaient tous. Celui dans lequel les nouvelles ne parlent que d’eux-mêmes.

Extraits de Humains de Matt Haig. Hélium. A paraître fin août 2014.

Matt Haig livre une postface touchante où il explique notamment comment est né ce roman. Extrait : « l’idée d’écrire cette histoire m’est venue en 2000, alors que j’étais aux prises avec des crises de panique. (…) La seule chose que je pouvais faire pour m’apaiser un peu était lire. (…) Je vais mieux. La lecture m’a aidé. L’écriture aussi. c’est pour cela que je suis devenu écrivain. J’ai découvert que les mots et les histoires nous procuraient des sortes de cartes géographiques, des moyens de retrouver le chemin vers nous-mêmes. Je crois sincèrement que la fiction a le pouvoir de sauver des vies et des têtes, précisément pour cette raison. »

3 romans, 3 coups de coeur…

Que de prochains bons conseils de lecture à donner!

(22 juin 2014. Résonances littéraires, ft. Annie Ernaux, Marie-Sabine Roger et Anne-Laure Bondoux)

cielEn ce moment, je suis un maelström d’émotions variées, qui se succèdent à un rythme important. / Je pleure puis je ris ; je m’exclame de joie et je fais des bonds au téléphone, puis les larmes remontent à cause de la poussière ou parce que j’entends quelque chose de joli de la part d’un client. / Je suis déçue, j’attends mais je ne devrais pas… / Je mets un point d’honneur à constater qu’il fait bleu dehors et que demain, tout ne s’écroulera pas parce que je n’ai pas réussi à faire tout ce que je voulais. Oui, demain, il fera jour. / Mon frère est 3ème de sa promo et je suis toute fière. / Je suis a-mou-reuse. Et que c’est bon. / Entendre Timothée de Fombelle parler de son prochain livre et de l’achat compulsif de valises est émouvant.

Mon ultra-perfectionnisme m’encombre. / Je passe beaucoup de temps dans des TGV, je suis fatiguée, je me répète, je m’inquiète. / Je voudrais parler clairement mais c’est tout le contraire qui se passe. / Tout ce qui me semble évident et que je ressasse plus ou moins longtemps passe le seuil de ma bouche de manière au mieux désordonnée et au pire incompréhensible. Et c’est énervant.

Je me laisse surprendre par le calendrier et je ne sais pas où file le temps. / La seule chose capable de me calmer durablement est lire. Et je fais de belles découvertes. Qui m’aident. Il est parfois déstabilisant, confondant ou bien réconfortant de se retrouver dans les livres…

Je me demande si je n’écris pas pour savoir si les autres n’ont pas fait ou ressenti des choses identiques, sinon, pour qu’ils trouvent normal de les ressentir.

Annie Ernaux

 Journal de Julie Delporte (sorti chez L’agrume tout récemment) débute avec cette citation d’Annie Ernaux.

msr(Que j’aime cette couverture !)

Dès qu’on la voit, on sait qu’elle est naïve, et qu’elle aime la vie. On sent qu’elle pourrait tout lâcher dans l’instant pour aider quelqu’un en détresse, sauf peut-être -et encore?- une petite impudente, qui aurait fait de l’œil à son Nassar chéri.

Il y a des gens comme ça. Rien de mauvais en eux, rien de vraiment médiocre, seulement quelques défauts d’enfants, brouillons, inattentifs, crédules, pleins d’espoir, possessifs, capricieux. Trop sincères.

Extrait de Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger. A paraître dans la collection la brune au Rouergue en août prochain.

alb(Que j’aime cette couverture également! Je ne sais pas pour la précédente mais elle-ci est signée Hélène Druvert.)

Dans le noir, les yeux grands ouverts, Bo s’interrogeait sur le sens de l’existence, et sur ce qu’il voulait vraiment. Il n’est jamais facile de savoir ce que l’on souhaite vraiment, surtout lorsqu’on a peur de trouver des réponses, et les idées se cognaient comme des mouches à l’intérieur de son crâne.

Extrait de Tant que nous sommes vivants de Anne-Laure Bondoux. A paraître chez Gallimard jeunesse en septembre prochain.

 

« Si on ne sait pas ce que l’on aime, on est perdu. »

A la question « Où donc a-t-il puisé la confiance nécessaire pour faire ce qu’il voulait?, Haruki Murakami (dans le dernier Magazine littéraire) répond :

« Je savais ce que j’aimais. J’aimais lire. J’aimais écouter de la musique. Et j’aime les chats. Ces trois choses-là. Alors bien qu’enfant unique, je pouvais être heureux parce que je savais ce que j’aimais. Ces trois choses n’ont pas changé depuis mon enfance. Je sais encore maintenant ce que j’aime. Ça, c’est de la confiance. Si on ne sait pas ce que l’on aime, on est perdu.« 

Pour moi, cela fait écho à un passage de La guerre de Catherine de Julia Billet (à paraître à l’école des loisirs) (je l’ai beaucoup aimé ce roman soit dit en passant!).

« Chaque fois qu’une oeuvre nous donne à approcher le monde autrement, chaque fois qu’une oeuvre nous donne à regarder autrement la vie, nous sommes plus forts et plus justes, plus proches de nous-même et de la tribu des humains. »

 

oui, le bleu gagne sur le blanc et les feuilles des arbres vont revenir!

aujourd’hui, c’est le printemps et par ici, ça swingue à nouveau.
depuis quelques jours, je revis… à 1000 à l’heure, je (re)goûte des plaisirs tout simples, je lis, je déjeune ou je prends prendre un thé avec les copines, je passe un jour au salon du livre de Paris et je vois seulement de loin Alberto Manguel, Jo Witek, Chris Haughton et les géniaux auteurs des Pyjamarama -mais c’était quand même une super chouette journée (et merci Xavier d’être passé :-) !-, j’ai très très envie d’apprendre à faire du crochet et ptêtre bien que j’y arriverai (va falloir t’armer de patience maman!), cet été on ira aux Etats-Unis ET au Canada pour les vacances et le voyage se précise (je rêve de tout ce que je veux voir à New-York et à Montréal, j’ai appris hier que Chez Simone (qui sera à mon avis juste extra) va tout bientôt ouvrir et ça c’est cool…

1 extrait de « Je m’appelle Mina »

je livre ce soir un des passages que j’ai terriblement aimés dans ce roman lu d’une traite hier.

Je suis allée dans ma chambre, et j’ai feuilleté les livres sur mon étagère. J’en ai sorti trois, trois des albums les plus extraordinaires du monde. Max et les maximonstres de Maurice Sendak, La chasse à l’ours de Michael Rosen et Dogger de Shirley Hugues. Je me suis allongée sur mon lit et je les ai lus, j’ai regardé leurs images exactement comme quand j’étais petite. J’ai dansé la danse des maximonstres avec Max, je me suis risquée dans la caverne de l’ours avec toute la famille, je me suis vraiment triste pour Dave qui avait perdu son jouet, Dogger, puis vraiment heureuse pour lui quand il l’a retrouvé.

Je les ai relus une deuxième fois, et je suis devenue songeuse, je me suis souvenue de papa, de la façon dont il me lisait ces livres juste avant que je m’endorme. Je n’ai pas d’image de lui très forte. J’ai l’impression de l’entendre à moitié, de le voir à moitié, comme si c’était le personnage d’un rêve qu’on a d’autant  plus de mal à se rappeler qu’on essaie de le faire. Quand je lis les mots de ces livres, il me semble entendre à moitié le son de sa voix qui me les lisait.

Ce roman, c’est Je m’appelle Mina de David Almond et il est sorti il y a quelques jours chez Gallimard jeunesse.

(…) une fillette d’une dizaine d’années lui jette un regard perçant. Cela ne dure qu’une fraction de seconde, mais ce regard, si puissant malgré la distance, reste gravé sous ses paupières. »

(cette citation est extraite du très beau retour de la demoiselle de Cathy Ytak (L’école des loisirs, Médium).)

en cette après-midi de fin janvier, il fait gris, une fleur de thé se déploie dans ma théière… 2012 est bel et bien commencée. ce matin, avant de vraiment réunir toutes mes cartes de voeux ❤❤❤, j’ai lu (et terriblement aimé) le roman Le retour de la demoiselle de Cathy Ytak (L’école des loisirs, Médium)… (j’en dis plus cette semaine!)

il y a sur ce bout de mur un peu de Bauchette, de Lucie, de Matisse et sa maman, de Didier jeunesse, d’Albin, de Rue du Monde, des épiciers de l’orage et de ma copine-anyway.

un autre extrait du retour de la demoiselle :

Brian s’évade et rêve d’un autre monde, loin des cris et de la fureur des guerres. Un monde où les gens vivraient en paix, où la nature serait simplement respectée. Un humain, un arbre, un animal.  Une pierre, de l’eau. Tous indispensables, tous irremplaçables. Avec la musique au centre, pour relier les hommes et la terre qui les porte.