Écureuils #8. Les écureuils de début février sont dans 1 BD et 2 albums

SKE couvLa BD, c’est Sixteen Kennedy Express, de Bastien Quignon (au dessin) et Aurélien Ducoudray (au texte) chez Sarbacane (sortie en librairie cette semaine!).

1 2Copyright Bastien Quignon.

★ ✩ ★

IMGP4573Le premier album est L’île aux chiens d’Aurore Callias chez Albin Michel Jeunesse.

IMGP4574 IMGP4575Copyright Aurore Callias.

★ ✩ ★

IMGP4576Le deuxième album est Le grand méchant livre de Catherine Leblanc et Charlotte des Ligneris au Seuil Jeunesse.

IMGP4578 2014-02-06Copyright Charlotte des Ligneris.

Déjà fin septembre!

Rentréeseptembre et ses listes scolaires – je ne vois pas le temps passer – l’automne est là – les feuilles se parent de rouge dans le parc en face de chez moi – je mange des madeleines – c’est le mois des perles à la librairie – Charles Perrault devient « Pagnol » ou « Terro » (d’ici à ce qu’il se transforme en Totoro, il n’y a qu’1 pas!) – Scapin est je trouve particulièrement malmené et devient « scarpin », « calepin » et j’en passe…

IMGP3119On ne manque pas de bacs de livres à ranger à la librairie. Dedans, il y a mes lectures d’été que j’aime conseiller.

  • 3000 façons de dire je t’aime de MA Murail. L’école des loisirs.
  • Le lézard amoureux d’Alex Cousseau. Rouergue.
  • Double jeu de JP Blondel. Actes sud junior.
  • A comme aujourd’hui de David Levithan. Les grandes personnes.

IMGP3123 IMGP3121

Il y a d’excellentes BD…

  • Chute libre de Mademoiselle Caroline. Delcourt/Mirages.

L’auteur a connu des années de dépression, plusieurs psy. C’est ce qu’elle raconte dans Chute libre et ça m’a fait swoush

  • L’amour ferme les yeux de Line Hoven. L’Agrume.

Elle est tellement belle cette BD ! Rien que son titre, L’amour ferme les yeux, est promesse d’un bon moment. Line Hoven raconte son histoire, l’histoire de ses parents, leur enfance, leur rencontre et leur difficulté à lier 2 continents… Je ne me lasse pas de contempler les splendides illustrations à la carte à gratter.

Il y a plein de très belles sorties en ce mois de septembre :

Et bientôt, il y aura…

Petite Alice aux merveilles de Lewis Carroll et Emmanuel Polanco chez Gallimard jeunesse Giboulées – L’anniversaire de Pierre Mornet chez Autrement – Jungle de Vincent Pianina chez Gallimard jeunesse Giboulées – La mer et lui de Henri Meunier et Régis Lejonc chez Notari – Lola d’Olivier Douzou – un Atlas des animaux par Emmanuelle Tchoukriel et Virginie Aladjidi chez Albin Michel jeunesse – Trompe l’oeil de Cruschiform chez Gallimard jeunesse Giboulées

Le petit monde de Liz de Liz Climo

Ma collègue du rayon BD avait laissé en évidence cette nouveauté sur mon bureau la semaine dernière, parce qu’elle avait drôlement aimé et m’invitait donc à la découvrir. J’ai fait mon insensible-je trouve pas ça drôle ou ce n’était juste pas le bon moment parce qu’hier soir juste avant de partir de la librairie, je l’ai ouverte à nouveau et après 2-3 pages, j’ai dit “héé, mais c’est drôle en fait” alors je l’ai emportée et lue en entier et beaucoup-beaucoup aimée :-)

IMGP7502

Liz Climo met en scène dans des strips très courts tout un tas d’animaux, ours, kangourous et éléphants, lapins, requins, castors et cygnes (une momie, une machine à laver, un robot sont également de  la partie !). Les strips sont tour à tour drôles, absurdes, décalés…

 Quelques-uns de mes préférés (clic sur l’image pour agrandir) :

IMGP7503 IMGP7504 IMGP7505

Eclats de rire, surprise, humour, tendresse sont au rendez-vous tout du long de l’album –album divisé en 4 parties comme les 4 saisons, du printemps à l’hiver.

Pour ceux qui lisent en VO, filez sur son blog, Liz Climo l’alimente très régulièrement!

.

Le petit monde de Liz. Liz Climo. Delcourt. 14,95 euros.

Sarah à La Soupe, aime aussi et montre d’autres strips.

Lecture ❤❤❤ de fin janvier #1

Plus elle cherchait à se forger une identité plus elle devenait… TOUT LE MONDE. Et puis un jour, elle est devenue PERSONNE.

Elle s’est EFFACEE. Pouf.

Remise à zéro.

Elle ne se souvient de rien. C’est la page blanche. Elle est sur un banc et elle ne sait pas comment elle s’appelle, ne sait pas où elle habite et ne se souvient plus du code de son ordinateur (lorsqu’elle aura retrouvé son adresse!).

Elle va fouiller le passé, son appartement, sa bibliothèque, poser des questions autour d’elle et réunir tout un tas de faits qu’elle essaie –vainement– d’assembler.

Je suis QUI, moi ?

Elle parle d’elle à la 3ème personne. Cette Eloïse Pinson qu’elle est censée être est une étrangère qui l’agace régulièrement.

La fin est juste superbe. Après plusieurs jours de quasi-dépression, de recherches qui ne mènent à rien, de tentatives pour renouer avec le passé, elle prendra une décision radicale et courageuse : faire table rase du passé…

Au début, c’est la page qui est blanche, l’histoire d’une jeune femme qui ne se souvient de rien et c’est flippant.

A la fin, c’est le mur de l’appartement d’Eloïse qui est blanc. Mais ce n’est pas angoissant, au contraire, elle a l’avenir devant elle et elle peut se consacrer à construire une vie dont elle est fière, une vie où elle s’est affranchie des avis d’une société étouffante peuplée par des moutons.

Boulet et Pénélope Bagieu signent une BD qui se lit d’une traite, on est vite accroc à l’histoire de cette jeune femme qui se découvre un moi qu’elle n’aime pas. Elle a la possibilité de changer et la conclusion est qu’il n’est jamais trop tard pour évoluer, pour changer !

.

La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu. Delcourt (Mirages). 22,95 euros.

(pour toutes les images : copyright Pénélope Bagieu, Delcourt, 2012)

“Partout où je vais, je suis le même.”


avant le ptit dèj du dimanche matin, j’ai terminé la superbe dernière BD de Cyril Pedrosa “Portugal”. je l’ai lue en 2 fois parce qu’elle est bien épaisse. j’avais lu la critique de Simon de M’Lire… verdict : elle est terriblement géniale!
Simon (le héros de la bd, pas Simon de M’Lire!) a écrit des livres mais rien de nouveau depuis longtemps, il a une copine mais ils ne sont pas vraiment sur la même longueur d’ondes (quand elle parle achat de maison, on voit bien que ça grince dans les oreilles de Simon) ; il ne s’exprime pas beaucoup quand on lui pose des questions… bref, il est un brin paumé, sans doute plus qu’un brin même.
Sa cousine se marie et c’est l’occasion de (re?)nouer quelques liens avec sa famille qu’il voit peu. Il revoit son père, son oncle. l’évènement va faire naître des questions comme par exemple d’où vient le nom que porte Simon, “Muchat”, pourquoi un T à “Muchat” alors que c’est portugais… des questions qui mèneront Simon en quête de ses origines, qui le mèneront au Portugal, en quête de lui-même, de son histoire et de son identité.

“Tu sais, parfois, les gens ici, à cause de mon accent, ils me disent “mais qui tu es, toi? Tu es quoi, portugais ou italien? Ou je ne sais pas quoi…”.
Et moi, je réponds toujours “je suis Abel Mucha, c’est tout.” Partout où je vais, je suis le même.”

.

Portugal de Cyril Pedrosa. Dupuis (Aire Libre). 35 euros.

“Tu vis dans cette … “bulle”, à l’abri de tout… Méfie-toi, la réalité est tout autre… Tu dois grandir et protéger ceux que tu aimes à présent.”

Fausto vit au Coq Vert depuis sa petite enfance. C’est un coin reculé du monde, une tour qui forme un havre de paix où son père l’envoie afin qu’il échappe à la guerre qui sévit alors. Les années passent et Fausto devient adulte. Il est maintenant un dandy rêveur qui apprécie les Queen Fiz et aime prendre des bains où il joue à la bataille navale avec des bateaux en plastique. Il vit avec Polpette, le cuisinier ; Mademoiselle Alméria, une maîtresse de maison au tempérament explosif ; Biryani, le précepteur qui a élevé Fausto et est devenu son homme de confiance…

Les personnages principaux sont brossés rapidement et arrive le bouleversement : le père de Fausto annonce son arrivée et c’est le branle-bas de combat au Coq Vert. Fausto ne sait pas comment agir avec ce père dont il ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’il est homme de bataille…

copyright Julien Neel, Gallimard, 2011.

Dans ce premier tome, on fait connaissance avec une galerie de personnages extrêmement attachante. Il y a une ambiance toute particulière dans cette BD,  une ambiance moyenâgeuse et retirée du monde. Les psychologies des personnages sont fouillées et pas banales. Polpette est un artiste dans sa cuisine où il privilégie la qualité et le bon goût. Alméria avec sa colonie de furets est drôle, Fausto est émouvant et un brin casse-pieds… De bons repas –le récit est entrecoupé des recettes des cocktails et des mets qu’apprécie le plus Fausto ; une relation père-fils pas facile, une bluette entre Alméria et Polpette… c’est original, on se laisse porter et on ne veut pas arriver à la fin… C’est un premier tome qui a tout du début d’une très très bonne série. Et évidemment, j’attends avec graaaande impatience le 2ème tome !

.

Le viandier de Polpette d’Olivier Milhaud et Julien Neel. Gallimard. 18 euros.

Pour voir d’autres images, vous pouvez aller ici ou .

“Comment j’aurais pu lui demander de m’attendre pendant ce temps que j’étais ici?”

(extrait de Renée de Ludovic Debeurme, Futuropolis, 2011.)

depuis 3 jours que ces jacinthes ont éclos, je les regarde avec étonnement, elles tiennent le coup, elles grandissent même! (le mois dernier, la dernière a eu le temps d’éclore et de mourir en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire). ce soir, j’écoute en boucle le nouvel album de Nouvelle Vague, Couleurs sur Paris.

Je viens de finir Renée, la suite de Lucille, parue il y a 6 ans chez Futuropolis. Cette suite est parfaite, elle déroute au départ -il n’y a plus seulement Arthur et Lucille- et puis on se laisse emporter par ce nouveau personnage, Renée, elle est fragile elle aussi, comme Lucille, elle cherche des bases. Lucille recherche toujours un père, un souvenir… la fin, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, permet de tout lier.

C’est une excellente suite, c’est âpre, dur, rugueux. Il va sans dire que je conseille sans hésitation sa lecture!

“Le temps n’a pas de coeur… Mais il bat… Il bat comme un démon. Il enfonce son rythme des enfers dans les plis de notre peau… Il débobine notre fragile pelote et nous tend, un jour venu, le bout du fil pendouillant.”

Renée, de Ludovic Debeurme. Futuropolis, 2011. 29 euros.

1 rentrée très Rabaté **1**

“Ma femme m’a quitté parce que je suis une merde.
Une vraie merde qui vend des fausses merdes en plastique.
Je suis con, et en plus, plus chiant qu’un bouton de fièvre.”

Voici en quelques phrases un portrait pas très glorieux de Patrick, le héros de la nouvelle BD de Rabaté. Il tient un magasin de farces et attrapes Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune, s’est fait plaquer par sa femme et pour faire court, il passe depuis son temps à attendre.

“Je m’enferme chez moi et je m’emmerde, je le fais passionnément et avec conviction, c’est ce que je fais de mieux!”

Autour de Patrick, peu d’évènements, peu de personnes. Son frère, sa mère, Hamed l’épicier et Stéphanie, qui le relaie au magasin quand il n’est pas là ou en livraison. Son morne quotidien va prendre fin lors d’une soirée costumée où il va rencontrer une acrobate. La jeune femme va booster le quotidien de Patrick, il a à nouveau des rendez-vous. Il va voir le spectacle de Clarisse au cirque et c’est le retour des étoiles dans ses yeux. Attention, ça ne se transforme pas en flonflons et musette… ce n’est pas parce qu’il l’a rencontrée que tout devient facile et que les emmerdes prennent fin. Clarisse lui redonne l’envie d’aimer, il redécouvre le goût des petites choses comme aller au restaurant, il reprend goût à la vie. Mais vivre comporte des bons comme des mauvais côtés, et il n’est pas dit que Clarisse va passer avec Patrick plus que quelques semaines…

***

Dès les premières pages, on rentre dans la vie de Patrick. On fait irruption dans son intimité et on s’attache. Pourtant, c’est peu de dire qu’autour de lui, c’est la crise. Cette BD a des accents dramatiques mais le trait de Rabaté et ce qu’il donne à voir de son héros et de son entourage n’en font pas une lecture qui coûte au lecteur. La vie de Patrick n’est pas facile certes mais ce n’est pas désespéré ni désespérant. Après tout, ce qui ne nous tue nous rend plus fort, c’est assurément ce qui se passe pour Patrick…

Bref, ce n’est pas parce qu’on est au fond du trou que tout est fini. (2 romans à lire dans la même lignée : Le temps des miracles, et Le premier qui pleure a perdu)

Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune de Rabaté. Futuropolis. 18 euros. Merci à Véronique et aux éditions Futuropolis!

Héé! T’as pas un chwingue??

Anouk Ricard a composé de courtes histoires de 4 pages entrecoupées de doubles-pages rassemblant des anecdotes façon bêtisier avec une petite fille, Anna et ses copains animaux : Froga la grenouille, Christophe le ver, René le chat et Bubu le chien. On suit leurs aventures remplies d’impertinence et de drôlerie mâtinées d’un soupçon d’innocence… Voilà des ingrédients qui, réunis, composent un très joyeux premier volume!

Pour vous mettre dans l’ambiance, une petite anecdote : Anna aime beaucoup chanter, voici les paroles d’une de ses chansons!

“Qui pue des pieds? C’est René!
Qui pue des bras? C’est Froga!

…”

et Bubu, il pue…
On ne saura pas (enfin vous avez deviné!), Bubu est déjà parti… il craignait sans doute le pire

Anna et Froga, Anouk Ricard © Sarbacane, 2007.

Les illustrations sont absolument ravissantes, j’ai hâte de continuer cette série, 1 tome 2 est disponible (Qu’est-ce qu’on fait maintenant?), et un tome 3 (Frissons, fraises et chips) est paru un peu avant l’été.

Anna et Froga, tome 1 : Tu veux un chwingue?, d’Anouk Ricard. Sarbacane. 9.90 euros.
Le site d’Anouk Ricard, et son blog.
Hélène a également beaucoup aimé!