2012 en librairie…
*En 2012, la TVA sur le livre a changé et est passée de 5,5 à 7%. Elle sera à nouveau à 5,5 en 2013, mais cette hausse cette année a laissé des librairies exsangues et les a fragilisées.
*2012 en librairie, c’est de nouvelles pratiques de consommation qui se mettent en place (achats en librairies vs Internet).
A la librairie, si je dis qu’il faut compter 3-4 jours pour avoir 1 référence, j’entends de plus en plus souvent « je vais commander sur internet (sous-entendu, sur Amazon) ». C’est la loi du « tout et tout de suite ». Je ne suis pas en train de dire que je suis anti-Internet et encore moins contre les sites Internet de libraires marchands! Je ne vise ici que les Amazon et consorts. Les lieux où nous nous rendons pour acheter ont une importance et il est possible d’être citoyen sur le net également : choisir une enseigne de libraire sur le net pour réserver un titre et/ou le commander plutôt qu’Amazon. Je reproduis ici un peu de l’article de Bauchette qui exprime très bien ce que je veux signifier : “Contrairement aux apparences, le libraire indépendant n’est pas en retard sur l’e-commerce. Pour les personnes qui n’aiment pas se déplacer en ville ou qui n’en ont pas le temps, sachez que la plupart des librairies indépendantes ont un site internet de qualité qui met en ligne notamment les coups de coeur des libraires et permet bien souvent la vente avec des systèmes de paiement sécurisés.”
*Il y a de nouvelles formes de lecture. L’arrivée du numérique interroge et je ne sais pas quel tournant va prendre la profession.
En tout cas, les enfants aiment toujours lire –à en croire cette étude ! Gallimard Jeunesse en association avec le Parisien / Aujourd’hui a confié à Ipsos MediaCT la première grande étude nationale sur les nouvelles pratiques de lecture chez les jeunes de 7 à 15 ans. 1 000 enfants et adolescents ont été interrogés. Les résultats ont été présentés par Ipsos au 28ème Salon du livre et de la presse jeunesse, le 3 décembre.
*Aux Assises Régionales de la librairie indépendante organisées à Toulon en octobre 2012, le mot d’ordre était : Parce que la librairie est un commerce fragile, parce que les ventes en ligne s’accélèrent, parce que beaucoup de librairies vont être à vendre et qu’elles ne trouveront pas facilement repreneur, parce que les fermetures se multiplient, parce qu’une librairie c’est plus chaleureux qu’un site internet, parce que dans une librairie il y a des libraires, parce que passer un marché avec une librairie voisine offre des services de proximité incomparables et vivants, parce que les éditeurs font 30 % de leur chiffre d’affaires en librairie, parce qu’un minuscule 0,3 % des financements publics du livre va à la librairie et qu’elle mérite davantage, parce qu’une ville sans librairie c’est triste…
Acheter un livre en librairie, c’est un choix, c’est un acte militant !
Je suis libraire et j’en suis fière. C’est un métier fragile et cette fin d’année est l’occasion pour moi et quelques autres libraires (Bauchette, Eliabar, Nö, This Pretty Thing) de parler et mettre à l’honneur ce métier commun. Il y a une passion qui nous anime, ce métier nous est cher, LIBRAIRE, c’est un métier-passion qu’on ne fait pas par hasard et qu’on exerce dans l’idéal dans des lieux que l’on nomme librairies. Des lieux fragiles qu’il faut préserver…
Copyright Plonk & Replonk
Etre libraire, c’est quoi ?
C’est lire et mettre en avant des coups de cœur particuliers. C’est faire des choix dans les titres et les quantités. C’est recevoir des clients et les orienter vers ces choix si l’âge et/ou la personnalité du lecteur semblent correspondre. C’est sortir des étagères des références qui ne sont pas forcément des nouveautés, c’est garder en mémoire des références lues des années auparavant. Etre libraire, c’est travailler avec des éditeurs, des grands et aussi des petits. C’est promouvoir des artistes, des auteurs confirmés ou de jeunes auteurs et/ou illustrateurs.
Etre libraire, c’est pour moi me laisser envahir par les émotions que m’apporte tel titre ou tel autre… C’est être émotionnée par de nouvelles parutions et l’arrivée des cartons, c’est m’enthousiasmer parfois des mois à l’avance sur une sortie…
Etre libraire, c’est échanger avec une autre personne, c’est un ressenti, c’est une affaire de feeling.
Etre libraire, c’est être un passeur de livres, un passeur d’histoires.
Etre libraire, c’est aussi être à l’affût des factures et vérifier que les conditions négociées avec les représentants soient respectées, c’est payer des factures, c’est installer une expo, faire de la promo pour les animations qu’on met en place –lecture, dédicace, atelier, etc., donner des affiches, ranger, faire des piles, regrouper par thématiques, refaire les piles, vider des cartons, des bacs, faire des retours, faire les paquets cadeaux, joindre un marque-pages, ranger des livres oubliés, partir le soir avec des nouveautés dans son cabas, c’est être informé sur ce qui se passe dans le monde et dans son quartier…
Où acheter ses livres ?
En librairie ! On a la chance d’avoir des milliers de librairies partout en France grâce à Jack Lang et à sa loi sur le prix unique du livre.
Une loi sur le prix unique du livre?
Oui, en France, depuis janvier 1982, les livres sont soumis à la « loi Lang », ou loi sur le prix unique du livre. Cette loi a été instaurée entre autres pour préserver un réseau dense de librairies en France. A ce titre, le prix d’un livre est fixé par l’éditeur et la remise accordée sur un livre est de 5% au maximum.
Ici, vous trouverez un article de Jean-François Sourdais (il a créé la librairie L’Eau Vive en Avignon), qui parle plus spécifiquement des librairies jeunesse, mais on peut élargir à toute la profession.
« La loi Lang est à l’heure actuelle le seul rempart (et tant pis si je parle du livre en des termes bien guerriers…) contre la pensée unique et le seul garant des libertés. »
Madeline Roth pour Citrouille, le 20 mars 2008.
C’est peut-être guerrier, mais je partage complètement cet avis. La loi Lang permet aux librairies indépendantes d’exister encore aujourd’hui. Et c’est par là même que la création est toujours possible, que des petites maisons d’édition peuvent être créées, que la diversité culturelle existe.
Copyright Bruno Heitz
En France, on est donc privilégiés grâce à cette loi : les livres sont au même prix partout. Que ce soit chez votre libraire de quartier, chez Mollat ou au Dragon Savant, en Corse ou en Bretagne, en maison de la presse, au Relay H de la gare, chez Carrefour ou Auchan, à la FNAC ou sur Amazon, le prix du livre est le même.
Ce qui diffère entre ces différents lieux, c’est le libraire, le conseil, l’assortiment proposé et la connaissance des livres. Dans les librairies, il y a des personnes ! Des vendeurs, des libraires, des gens responsables d’un rayon qui ne mettent pas seulement des livres sur les étagères mais qui les choisissent, les lisent (pas tous cependant
) et peuvent vous conseiller si vous cherchez un cadeau de naissance, un livre à offrir à un enfant de 8 ans qui n’aime pas trop lire des romans, un cadeau pour une dame qui va fêter son 60ème anniversaire.
Un libraire peut établir des listes bibliographiques, rechercher l’histoire qui conviendra le mieux à la personne dont vous lui direz quelques mots, se souvient de ce qu’il vous a conseillé la dernière fois et peut tisser à partir de là d’autres chemins de lecture qu’il proposera…
-Si vous voulez le tome 4 d’Harry Potter, le dernier Goncourt des lycéens, un album illustré par Edward Gorey, les Chroniques de San Francisco, un album de Murena ou de la série Où est Charlie ? et que vous ne savez pas où les trouver, on vous les indique.
-Vous avez envie de voir des nouveautés, vous pourrez les regarder…
Un libraire sourit, parle, il est vivant. Et c’est plus agréable qu’un site Internet, non ?
Une librairie, c’est fragile donc défendez votre libraire !
Une librairie, c’est fragile car la marge que gagne un libraire sur un livre vendu est minime. Une librairie prend des risques, doit équilibrer les ouvrages dits « de fonds » (les titres à avoir en rayon même s’ils ne sont pas récents) et les nouveautés, paie des impôts…
Une librairie, c’est fragile car on n’a pas l’assise financière d’un groupe comme les GSS ou d’Amazon, Amazon qui par contre ne paie pas d’impôts !! (Introduction de l’article de Livres Hebdo du 3 décembre 2012 : La holding luxembourgeoise d’Amazon, qui gère les droits d’exploitation internes au groupe, n’a payé aucun impôt sur ses bénéfices en 2011 selon la Commission britannique des finances.)
1 librairie, c’est 1 commerce de proximité. 1 librairie a une place qui a son importance dans une cité, petite ou grande. C’est un lieu de culture. « Les libraires sont les garants de la bibliodiversité » (l’atelier du poisson soluble).
Libraire est une superbe profession, c’est le métier que j’ai choisi et que j’espère exercer longtemps… c’est une profession qui a besoin de vous pour qu’elle perdure, qui a besoin de vous en vrai dans ses murs.
Copyright L’atelier du poisson soluble
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Vous l’aurez compris,
les libraires indépendants ne se laisseront pas enterrer sans réagir,
sans se battre,
mais pour ça on a besoin de vous !
Si vous aussi, ça vous tient à cœur, n’hésitez pas à reprendre le logo et à relayer sur votre blog!
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I ♥ mon libraire

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mercredi 12 décembre, 22h30. je suis épatée par toutes ces réactions, ces messages d’encouragements, vos commentaires, vos redirections, merciiiii à tous et toutes, vraiment, ça fait très très chaud à mon coeur de libraire!
Les relais :
Lustucru, La Soupe, Sous le parasol, sanchone, Bouma, Pépita, Toute Petite, Le cabas de Za, Juliette, Plein les mirettes, Nancy, Midola, Marie, Charlotte, Cécile Hudrisier, Faelys, La Blonde, Miss Tartine, Agnès, Mymi Doinet, Géraldine Collet, L’Eau Vive, Clarabel, Carole, Aifelle, Hélène, Lilibulle, L’or des chambres, Cécile, Rose, Claire, Isa, la librairie Neverland,
(Si je vous ai omis, veuillez m’excuser et n’hésitez pas à vous manifester, laissez votre lien dans les commentaires, je relaierai sans faute!)