Expo *Semblance* à Arles jusqu’au 26 avril 2015

Si Arles n’est pas loin de vos pas d’ici au dimanche 26 avril, arrêtez-vous à la Chapelle du Méjan! Il y a une belle exposition de travaux originaux (des huiles, des aquarelles, des dessins à la pierre noire et des sculptures) de Guy Oberson, Semblance. La mise en lumière et l’occupation de l’espace de la Chapelle sont superbes!

Quelques images :

P1040395 P1040384 P1040387 P1040388 P1040409 P1040410 P1040411Ces oeuvres illustrent le livre Terrestres, un recueil de poèmes de Nancy Huston,

sorti l’année dernière chez Actes Sud.

Pour en savoir plus sur l’expo, c’est par ici.

Atelier photo – AmeGraphique #13 – épaule

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune. Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est ÉPAULE!

AmeGraphique #13 – ÉPAULE

Epaule – Sac – Livres

Quand je suis sur le chemin de la librairie, il y a sur mon épaule gauche – pas la droite, je n’aime pas – un gros sac. Dans ce gros sac, il y a plusieurs sacs. Un sac à livres, un sac avec mes indispensables thermos/Hépar/bento goûter et un dernier sac avec ma pochette de travail.

Le contenu du sac à livres change tous les jours, j’en prends le soir, j’en ramène le matin. Hier soir, le gros sac se présentait comme cela :

P1040640Le sac à livres contenait :

P1040642Des albumsDes roues roses dans la tête de S. Morgenstern et C. Dutertre ; Le vieux tigre et le petit renard de V. Massenot et P. Nille – des BDAstrid Bromure – comment dézinguer la petite souris de Fabrice Parme et Wonderland de Tom Tirabosco ; un album-BDle manoir Croquignole – coup de foudre à l’école de Mr. Tan et Camille Roy ; des nouvellesPas exactement l’amour de A. Cathrine et un romanUn goût de cannelle et d’espoir de S. McCoy.

Ce jeudi matin, je ramènerai tout sauf Wonderland et Un goût de cannelle et d’espoir, que j’ai juste feuilletés / à peine commencés.

AmeGraphique #13 bis – (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre)ÉPAULE

Nous ne serons pas seuls. Nous serons épaulés. C’est important comme partie du corps, l’épaule, non? C’est sur celle de l’autre qu’on se repose, qu’on pleure, qu’on s’appuie ou qu’on s’endort. Dès demain, c’est ce que je vais m’atteler à devenir. Une épaule. Forte, solide et douce à la fois.

Extrait de La coloc de Jean-Philippe Blondel paru le mois dernier chez Actes sud Junior (collection Roman Ado).

Connaissez-vous Lara Schmitt?

P1040242Lara Schmitt a 11 ans ½ et elle est duchesse de Râlbanie (c’est le nom que Lara a donné à la maison où elle a grandi). Ou plutôt, Lara était duchesse de Râlbanie car Lara et sa mère ont quitté il y a peu la maison et l’homme (comprendre le père de Lara). Elles vivent désormais à Plastic-Land dans une maison en plastique et cela ne plaît pas du tout à Lara. Elle en veut beaucoup à l’homme : elle le tient pour responsable du fait qu’elle ne réside plus en Râlbanie et depuis, Lara ne veut plus qu’une chose : reconquérir son territoire!

P1040244 P1040246La fameuse Râlbanie!

Plastic-Land, ce n’est pas mon écosystème. Je ne me laisserai pas mettre au placard. Je vais récupérer la Râlbanie. En avant… Râle!

Ahhh, le moins que l’on puisse dire, c’est que Lara a son caractère, elle aime râler et elle n’a pas sa langue dans sa poche! Lara s’énerve, fulmine, si bien que son surnom est Râla. Le quotidien étant particulièrement morose ces dernières semaines, elle s’emporte plus souvent qu’à son habitude. Heureusement, il y a le colonel Raclette, le grand-père un brin excentrique de Lara. Sa spécialité : les crêpes, il en a cuisiné un nombre considérable dans sa vie, des crêpes mais aussi des pancakes, des galettes et pas mal d’autres blinis. Lara aime se confier au colonel autour de gourmandises… Il y a aussi le Râcao – comprendre le cacao – LA boisson-réconfort par excellence de Lara. Et puis, il y a Lars, un garçon du nouveau collège où elle a bien peu de plaisir à aller. Le garçon n’est pas bavard, mais c’est avec lui qu’elle fait le chemin pour aller en cours un matin, puis les matins se multiplient et une jolie amitié naît.

P1040247Lara râle ;-)

Au cours de ce roman, Lara va apprendre dans quelles conditions ses parents se sont séparés et elle devra les respecter… Lara va par là même grandir et devoir accepter que tout ne se passe pas toujours selon ses désirs. A la fois grave et drôle, ce 1er volume largement illustré de la vie de Lara Schmitt est tout à tour poignant et comique, émouvant et loufoque… Ce roman de l’allemand Finn-Ole Heinrich connaît un vif succès outre-Rhin. Maulina (le prénom en VO de Lara) a même un site qui lui est consacré! Les illustrations de l’islandaise Rán Flygenring sont fines, drôles et réservent pas mal de surprises comme des séquences de BD qui s’intercalent avec le récit et des jeux (comme retrouver 84 plantes en pots au cours des chapitres)… En résumé, voilà un très bon volume à l’héroïne très attachante et on a vraiment hâte de lire la suite!

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La Vie de l’unique, l’étonnante, la spectaculaire, la miraculeuse Lara Schmitt

de Finn-Ole Heinrich et Rán Flygenring

est paru chez Thierry Magnier

au début du mois de février.

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Pour finir, encore quelques images :

P1040243Quelques unes des 84 plantes en pots à retrouver dans le volume.

P1040249LA recette du Râcao!

* Pour toutes les illustrations : copyright Rán Flygenring. *

Et une vidéo :

La Vie de l’unique, l’étonnante, la spectaculaire, la miraculeuse Lara Schmitt de Finn-Ole Heinrich et Ràn Flygenring from Editions Thierry Magnier on Vimeo.

Atelier photo – AmeGraphique #12 – JUSTICE

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est JUSTICE !

AmeGraphique #12 – JUSTICE

P1040296Représenter la justice, en voilà un drôle de défi. J’ai cherché. Réfléchi. Des idées, rien de transcendant. C’est mister G. qui a trouvé : il m’a rappelé mon étoile de sheriff rapportée de notre voyage aux Etats-Unis en été 2013. Voilà, c’est mon clin d’oeil à la justice!

AmeGraphique #12 bis (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre) - justice

– L’enquête n’arrivera à rien! crie Hakima, ravalant un sanglot. Vous le dites tout le temps,  qu’elle n’arrivera à rien! Je comprends pas pourquoi vous n’arrêtez pas de parler de cette enquête tout en disant tout le temps qu’elle n’arrivera à rien. Nous, on arrivera à quelque chose, si on gate-crashe la garden party!

– Hakima, coupe son père, c’est quoi « gate-crasher »? C’est quoi, ce vocabulaire? C’est quoi ces idées? Le vélo, la vente de boudins, la… la garden-party. C’est quoi, ces nouvelles lubies? Le Soleil, cependant, médite. Hakima le contemple comme si lui seul pouvait convaincre ses parents. Et en effet, il le peut.
– Elle a raison, dit-il lentement. Peut-être bien qu’il faut faire ce genre de chose si on veut parvenir à un résultat. C’est vrai qu’on n’arrête pas de répéter que l’enquête n’aboutira à rien. C’est vrai qu’on n’arrête pas de dire que puisqu’on est provinciaux, immigrés, on n’obtiendra jamais qu’on nous fasse justice, à nous et aux autres soldats. Peut-être qu’il faut faire un coup d’éclat?

Extrait de Les petites reines de Clémentine Beauvais chez Sarbacane, un *excellent* roman paru cette semaine!

 

Clémentine Beauvais #3 – Les petites reines

Après Carambol’Ange, en voici plus sur Les petites reines, l’autre roman de Clémentine Beauvais qui paraît cette semaine, demain précisément, chez Sarbacane!

les petites reines

Ça y est, les résultats sont tombés sur Facebook : je suis Boudin de Bronze.

Perplexité. Après deux ans à être élue Boudin d’Or, moi qui me croyais indéboulonnable, j’avais tort.

J’ai regardé qui a remporté le titre suprême. C’est une nouvelle, en seconde B; je ne la connais pas. Elle s’appelle Astrid Blomvall. Elle a des cheveux blonds, beaucoup de boutons, elle louche tellement qu’une seule moitié de sa pupille gauche est visible, le reste se cache en permanence dans la paupière. On comprend tout à fait le choix du jury.

Le Boudin d’Argent a été décerné à une petite de cinquième, Hakima Idriss. C’est vrai qu’elle est bien laide aussi, avec sa moustache noire et son triple menton ; on dirait un brochet.

Voilà les toutes premières phrases des petites reines. C’est Mireille qui nous parle, Mireille Laplanche. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle s’exprime avec un franc-parler étonnant. Le ton est donné très vite et c’est comme ça tout du long (ou presque).

Mireille, Astrid et Hakima n’ont pas le même âge, ne sont pas dans les mêmes classes mais leurs destins sont liés. C’est le fait d’être Boudins qui va les faire se rencontrer (le « concours de boudins » est un concours non-autorisé officiellement mais qui dure depuis plusieurs années dans leur collège), échanger et finalement les mener de Bourg-en-Bresse à Paris. En vélo. Absolument.

Complètement improbable et un brin déjanté tout ça, n’est-ce pas? Nan, mais en fait, pas tant que ça ;-) ! Bon, je reprends, un peu plus calmement. Mireille, Astrid et Hakima habitent toutes 3 à Bourg-en-Bresse (ahhh, la description de Mireille est fameuse, j’ai adoré ce passage!). Elles ont été élu Boudins, se rencontrent, se lient, s’apprécient. Et elles vont aller à Paris. Ensemble. En effet, Mireille veut retrouver son père biologique. Astrid voudrait rencontrer Indochine. Hakima voudrait venger son frère. Le lien entre ces éléments? La garden-party de l’Elysée du 14 juillet. Le père de Mireille, Indochine et celui qui a brisé la vie du frère aîné d’Hakima s’y trouveront. Et nos trois héroïnes vont tout faire pour gate-crasher la garden-party! Bon, mais comment rallier Paris?

– Atten-ten-tends, je te raconte un truc, Mamounette, faut que je te dise un truc de fou, ce soir je suis tombée amoureuse du Soleil, et en plus j’ai deux nouvelles amies, non seulement ça mais en plus on va aller s’incruster à la garden-party de l’Élysée du 14-Juillet, c’est prévu, on est en train de finaliser les détails pour organiser ça bien proprement à cause du fait qu’il y aura là-bas le général Sassin qui a niqué les jambes au Soleil qui est le frère de ma nouvelle pote (enfin, une des deux), et puis Indochine le groupe culte de l’autre nouvelle pote et du coup faut que j’écoute les chansons, et puis Klaus mein Vater à qui je compte bien dire que c’est mon père et qu’il a intérêt à assumer son accident de préservatif! Alors alors, tu me conseilles quoi Maman, à moi et aux deux autres Boudins, pour monter sur Paris et gate-crasher la garden-party de l’Élysée – gate-crasher ça veut dire taper l’incruste –, hein ? Tu nous conseilles quoi?

– Allez-y à vélo, ça vous musclera les mollets.

A vélo. Voilà, c’est dit. Et pour gagner de l’argent durant le trajet, elles vendront des boudins.

C’est un drôle de périple et un vrai défi sportif et humain qui démarrent. De multiples obstacles et déconvenues ponctueront le voyage. Mais il y a tant de surprises aussi : l’amitié, les fous rires, Mireille qui s’enflamme pour le frère aîné d’Hakima qui les accompagne, la vente des boudins qui remporte de plus en plus de succès chemin faisant. Mireille, Astrid et Hakima vont s’affirmer, oser répliquer, gagner en confiance en elles… Mireille, Astrid et Hakima font leur bonhomme de chemin en pédalant.

Une fois arrivés à Paris, que vont faire nos Boudinettes, vont-elles oser se présenter à ceux qu’elles fantasment / craignent ou les 2 à la fois? Je ne dis rien là-dessus, il vous faudra ouvrir Les petites reines!

Rire, rire vraiment en lisant, je ne sais pas pour vous, mais chez moi, ça n’est pas si courant. Avec ses petites reines, Clémentine Beauvais a réussi à me faire rire – pas seulement sourire! On rit, mais on réfléchit aussi… Sur la question des apparences, sur la sacro-sainte image. Sur la cruauté des jugements à l’emporte-pièces. Les petites reines est un roman pour le moins étonnant et drôle, émouvant et tendre, un brin déjanté mais tout se tient, et ça, c’est épatant! Bravo Clémentine ;-)

Pour finir, l’extrait que j’aime tant où Mireille parle de sa ville :

Moi j’aime Bourg-en-Bresse, ma ville, ma belle cantinière. C’est une ville qui nourrit bien ses habitants. Il y a des boulangeries où l’on trouve des tartes au sucre grandes comme des roues de vélo, toutes globuleuses de pralines roses. Il y a LEFRANÇAIS, la vaste brasserie tellement tapissée de miroirs et de dorures qu’on a les yeux qui piquent en mangeant son filet Pierre, un coussin de viande de bœuf crue qui se coupe à la fourchette comme une énorme fraise. Il y a le restaurant de mes grands-parents, le GEORGES & GEORGETTE, deux étoiles au Michelin, en face de l’église de Brou blanchie par un récent récurage. On y sert des grenouilles entières clapotant dans des flaques de beurre persillé, des coquelons de fonte où se recroquevillent des escargots fumants, des quenelles énormes et boursouflées d’où s’échappent des fumerolles, des pâtés en croûte logés dans une gelée vitreuse…

Et de ces plateaux de fromages ! Bresse bleu pommelé de moisissure, morbier strié de cendre, mimolette extravieille rouge comme la brique ; et des faisselles pleines de caillots, qu’on saupoudre de ciboulette et qu’on recouvre de crème épaisse…

Et des hémisphères de vin dans les verres – et puis, à l’heure du café, d’innombrables boîtes de chocolats…

Et des fougasses, des brioches et des tourtes, des pains de toutes les formes et de toutes les tailles, fourrés aux olives vertes, aux poivrons, aux figues, aux oignons, aux noix et au saucisson, des pains chauds et spongieux, qui collent aux dents, qui boivent le beurre et la cire jaune du foie gras…

Alors oui, pas étonnant que je sois un poil plus dodue que la mannequin rousse en vitrine de chez SANDYCOIFFURE, pas étonnant que je boude le Sandwich & Sans Reproche de la cantine (deux Krisprolls et un morceau de poulet 100 % bio, 0 % matière grasse, 1,2 % sucre).

Les petites reines de Clémentine Beauvais paraît cette semaine chez Sarbacane dans la collection Exprim’.

D’autres avis sur le roman : chez Audrey, Bob et Jean-Michel, Marinette, …

Une bande-son est associée au roman, la voici :

Et le teasing du roman :

Clémentine Beauvais #2 – Carambol’Ange

Après l’interview de Clémentine Beauvais, en voici un peu plus sur ses 2 nouveaux romans qui paraissent dans 2 jours très précisément, le mercredi 1er avril. Aujourd’hui, je vous parle de Carambol’Ange, un nouveau titre dans la collection Pépix.

couv-carambolange-finalPaulette Pétillon a 93 ans. Elle réside à la maison de retraite des Jonquilles jaunissantes. Enfin, résidait. Nel, ange de rang 47, est chargé aujourd’hui de l’accompagner au Paradis à bord de sa voiture volante. En chemin, Paulette ne cesse de poser des questions. C’est que la vieille dame, même décédée, n’a pas sa langue dans sa poche. Présentement, c’est la fin de sa vie qui la turlupine… Elle doute fort d’être morte d’une attaque par une bête sauvage! Elle doute tellement qu’elle va demander à Nel d’enquêter non seulement sur son décès mais aussi sur la disparition d’une jeune infirmière qui a eu lieu quelques jours auparavant à la maison de retraite. Cette jeune femme, Jessica, traitait avec respect Paulette et sa disparition l’inquiète beaucoup.

Même s’il ne la connaît pas, Nel ne va pas laisser cette petite grand-mère! La rencontre de Paulette transforme vite la vie bien réglée de Nel en un tourbillon d’évènements. Ils devront aller jusqu’en Enfer pour tout savoir (Nel ne va pas enquêter tout seul!) mais ensemble, ils n’ont peur de (presque) rien, ni des démons motards – les Hells Angels, ni de Cerbère ou du Diable lui-même!

P1040277Ahh, que de rythme et d’humour dans ce texte de Clémentine Beauvais! Pas une minute de répit dans ce Carambol’Ange, il est mené tambour battant! Il y a quantité de références musicales (les démons de minuit d’Emile et images, Led Zep) et littéraires (Harry Potter, Conan Doyle la référence à la collection Pipax, enfin Pépix (p. 139) : excellent !) sympathiques. Les illustrations d’Eglantine Ceulemans sont toniques et parfaitement dans le ton de Clémentine! Au milieu de toute cette action, l’émotion ne manque pas. La relation entre Paulette et Nel est pleine de tendresse et l’air de rien, Clémentine Beauvais évoque le traitement des personnes âgées dans les maisons de retraite. Elle aborde aussi les question de la fin de la vie et de l’après avec finesse. Carambol’Ange mêle donc habilement action et émotion, c’est le nouveau titre de la collection Pépix à lire absolument !

Carambol’Ange de Clémentine Beauvais et Eglantine Ceulemans est publié par la maison Sarbacane et il sort le 1er avril 2015.

D’autres avis sur le roman : chez Bob et Jean-Michel, Marinette, …

Atelier photo – AmeGraphique #11 – fil

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est FIL !

AmeGraphique #11 – fil

20150323_103236J’ai trouvé dans ma boîte aux lettres un délicat paquet cette semaine. Sous un joli fil colo et un fin papier de soie se trouvait l’album « La drôle de fleur » écrit par Géraldine Renault et illustré par Naomi Katsu (c’est son premier album!) : la nouvelle parution des éditions Marcel & Joachim – l’album sort aujourd’hui en librairie!

* Encore merci Marcel & Joachim ;-) *

AmeGraphique #11 bis (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre) - fil

Vers où allions-nous? Une seule chose était sûre : nous nous éloignions d’un pays désormais hostile. J’ai eu envie de ville tout d’un coup. D’un lieu où je ne connaîtrais personne, d’une plaine large avec un ciel immense, où rien n’arrêterait le regard. Pourtant, j’aimais mes montagnes. Et quoi qu’il arrive, mon père, qui avait acheté ses terres hectare après hectare au fil des années, ne voudrait jamais la quitter.

Extrait de Un ours dans la bergerie de Quitterie Simon chez Thierry Magnier, un roman à paraître en avril prochain.

Atelier photo – AmeGraphique #10 – PEUR

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est peur!

AmeGraphique #10 – PEUR

P1020809Du flou. C’était en février 2015, à Fotokino, lors de la visite de l’expo de Chloé Poizat.

Je prenais en photo une carte et mon appareil m’a fait une surprise floutée. Je l’aime beaucoup cette photo et elle me fait peur aussi.

Ce flou est pour moi lié à l’oubli, à la perte de mémoire. Deux choses qui m’effraient.

AmeGraphique #10 bis – PEUR

P1040239Je ne vais pas encore fermer l’oeil de la nuit… J’ai peur, moi, tout seul…

Extrait du 3ème volume de la série Paola Crusoé de Mathilde Domecq chez P’tit Glénat.

Le 3ème tome est sorti la semaine dernière et clôt la série. Si vous ne connaissez pas les aventures de cette famille à la Robinson Crusoé, je vous la conseille chaudement ;-)

Clémentine Beauvais #1 – Interview

Le 1er avril prochain,

vont sortir 2 romans de Clémentine Beauvais chez Sarbacane.

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Deux romans – un dans la collection Pépix : Carambol’Ange (illustré par Eglantine Ceulemans) et un dans la collection Exprim’ : Les Petites reinesque j’ai eu la chance avec quelques autres blogueurs de lire en avant-première grâce à Sarbacane! La maison d’édition nous a aussi permis d’interviewer Clémentine! Oui, absolument!

Les romans sont, croyez-moi ;-) , géniaux! et je vous les présenterai dans quelques jours… En attendant, je vous propose de lire les réponses aux questions que j’ai posées à Clémentine!

C’est parti?

C’est parti :-)

* De l’humour *

Carambol’Ange et Les petites reines vont paraître le mois prochain… Après la gravité de La pouilleuse et de Comme des images, voilà des textes plus légers et souvent drôles, un brin déjantés voire complètement barrés. Avez-vous cherché ce changement de ton et d’ambiance?

Aimez-vous l’humour? Auriez-vous envie de signer à nouveau des textes drôles? (juste une note : vos 2 textes paraîtront le 1er avril et ça me fait sourire!)

Clémentine Beauvais : Oui c’est sûr, je m’attends un peu à ce que toute l’équipe de Sarbacane m’appelle le jour de la parution en disant ‘POISSON d’AVRIL !! Il n’a jamais été question de sortir ces deux romans complètement idiots !! Rends-nous ton avance et va pleurer dans ton oreiller !’ (Ils seraient mal barrés, j’ai déjà tout dépensé en chaource et roquefort, ça coûte cher le fromage en Angleterre). J’ai déjà un certain nombre de textes drôles à mon actif : Les petites filles top-modèles en France, et tous mes livres anglais (deux séries pour enfants). D’ailleurs, les Anglais ne me réclament QUE des textes drôles. Je suis la comique de service chez les Grands-Britons. Il faut que j’invente huit gags à la minute pour ma série des Royal Babysitters, c’est épuisant. Je mange trois clowns chaque matin au petit-déjeuner, bien mixés dans mon porridge. Bref, oui, l’humour c’est en fait beaucoup plus ‘mon truc’ que le Sérieux, si on regarde bien.

* De l’illustration *

Parfois, vos textes sont illustrés, comme Carambol’Ange. Avez-vous un « droit de regard«  sur l’illustrateur choisi? Connaissez-vous Eglantine et/ou avez-vous travaillé ensemble? si non, aimeriez-vous le faire, travailler en collaboration avec un illustrateur?

Avec Eglantine, on s’est envoyé des tas d’emails, au sujet de tout et de rien et de plein de choses, donc maintenant on est e-potes. Les collaborations avec les illustrateurs peuvent être incroyablement enrichissantes, et même modifier le texte. Avec Antoine Déprez, qui a illustré notre album La louve, on a eu de nombreuses discussions sur le texte et l’interaction texte-image. C’est une relation dynamique, l’illustrateur n’est pas un exécutant, il fait entièrement partie de la création aussi.

Quel regard portez-vous sur l’illustration?

Ecarquillé. J’adore recevoir les échantillons d’images, découvrir ce que l’illustrateur/trice a fait, repérer les petits détails drôles – Anne Rouquette, dans notre album Lettres de mon hélicoptêtre, a caché des inventions de Léonard de Vinci, des références au cinéma américain, une tasse de thé qui jamais ne tombe du ciel…

Avez-vous envie vous-même d’illustrer ?

Pourquoi pas, mais ce n’est pas une priorité pour l’instant.

* Des thèmes de prédilection? *

Vous abordez des sujets très divers dans vos textes. Il y a une superbe amitié intergénérationnelle dans Carambol’Ange, mais la question de la vie après la mort également. Des amitiés adolescentes dans Les petites reines mais aussi la question des apparences, du physique et de la différence mais pas seulement, la paternité, la guerre… et vous êtes toujours juste.

J’ai l’impression que vous pourriez parler de tout mais tout de même : avez-vous des thèmes de prédilection? Un thème qui vous tiendrait à cœur pour un prochain texte?

Merci, c’est gentil. Tout ça tourne souvent autour des questions de l’enfance (qui m’intéresse aussi d’un point de vue universitaire), du temps qui passe, de la difficulté de s’entendre avec les gens… Un truc qui n’a pas l’air de me fasciner pour le moment, c’est l’amour. J’y viendrai peut-être quand je serai grande. Sinon j’aimerais bien pondre une histoire qui se passe sur une durée plus longue, mes histoires sont toujours à fond les ballons, une journée pour La pouilleuse et Comme des images, trois jours pour Carambol’Ange, six jours pour Les petites reines… Un jour j’écrirai une immense fresque façon Les Maîtres de l’Orge ou Les oiseaux se cachent pour mourir, qui traiterait habilement au travers de multiples personnages des changements sociopolitiques consécutifs à l’évolution culturo-idéologico-sociétale d’une période charnière de l’histoire de France. Allez demain je m’y mets.

* Public et tranches d’âges *

Vous signez des textes d’albums, de romans courts pour des plus jeunes, de romans ados. Quelle est votre position face aux tranches d’âge?

Moins… euh… tranchée qu’avant ! Avant, je pensais qu’il était criminel de penser par tranche d’âge. Maintenant, j’en comprends un peu plus la logique. Personnellement, je préfère parler en termes de classes qu’en termes d’âge – la barrière de la sixième change tellement de choses dans la vie d’un enfant qu’il y a souvent plus de différence entre deux enfants de 11 ans dont l’un est en CM2 et l’autre en sixième qu’entre deux enfants de 10 et 12 ans qui sont tous les deux en CM2. Mais ça reste une généralisation principalement utile aux créateurs, aux éditeurs, aux médiateurs et aux parents. Je ne l’utiliserais jamais pour restreindre l’accès à un livre.

Carambol’Ange est un Pépix qui serait plutôt destiné aux 8-12 ans. Qu’avez-vous ressenti durant l’écriture de ce Pépix?

C’était un livre hyper agréable à écrire, qui m’a vraiment emportée (ce qui n’arrive pas toujours !). Ca faisait longtemps que je voulais ‘mon’ école magique… et toute une batterie de personnages grandioses et grotesques pour aller avec. Et j’ai adoré décrire les balades en taxi volant (alors que je suis tellement terrifiée par l’avion que je suis sous Lexomil pour le moindre petit vol d’une demi-heure).

Vous avez plusieurs romans ados chez Sarbacane. Etes-vous particulièrement à l’aise avec la tranche grands adolescents?

Pas forcément, non ! Je suis ‘tombée dedans’ un peu par hasard avec La pouilleuse, et ça m’a plu, donc j’ai continué avec Comme des images, et j’avais dans l’idée de faire un triptyque sur la jeunesse dorée parisienne. Finalement, ça ne s’est pas fait. J’ai préféré m’évader en province pour Les petites reines. La jeunesse dorée parisienne y réapparaît trois secondes vers la fin, et je pense que ça suffit.

Prêtez-vous attention durant l’acte d’écriture à la tranche d’âge à laquelle s’adressera a priori votre texte? Ou l’acte d’écrire précède-t-il les réflexions du public et de l’insertion dans une collection?

Non, j’y prête beaucoup d’attention, à la fois avant et pendant l’écriture. Maintenant que je fais beaucoup de visites d’école, je teste un peu mes blagounettes et je vois si ça marche, j’écoute les enfants et je leur vole leurs questions et leurs problèmes de manière franchement éhontée. Ca ne m’obsède pas, la question du lecteur, mais elle est toujours là quelque part. J’ai du mal à croire les écrivains (jeunesse ou autre, d’ailleurs) qui disent qu’ils ‘écrivent pour eux et puis c’est tout’. Je pense soit qu’il se trouve que leur psyché est miraculeusement connectée à celle de toutes les autres de la planète, soit qu’ils sont d’un narcissisme pathologique. Dans la première catégorie, il n’y a qu’une seule personne, J.K. Rowling. Le reste => narcissisme pathologique.

* Travailler avec un éditeur, avec Tibo Bérard *

Comment est-ce de travailler avec Tibo? Aimez-vous travailler avec lui? (Note : Tibo Bérard dirige les collections Pépix et Exprim’.)

Tibo a la réputation de corriger les manuscrits quinze fois avec son propre sang, de protéger sa collection tel Harpagon sa cassette, et de chouchouter ses auteurs comme si c’était des chatons mignons. C’est une réputation entièrement méritée. Petite anecdote : bien avant de travailler avec Tibo, je bavardais un jour avec un/e Auteur-Phare-de-la-Maison (expression qui m’évoque toujours un gros insecte luisant) qui avait été fortement courtisé/e par des Grands Editeurs pour Adultes. Ayant exprimé mon étonnement qu’ilouelle ne donne pas leur chance à Monsieur Gallimard ou Madame Flammarion, l’auteur me répond : ‘Tibo, il bosse avec moi pendant six, sept, huit mois sur mon manuscrit. Il couvre des pages et des pages de notes, il me parle au téléphone pendant deux heures. C’est ça que je recherche comme relation avec un éditeur, pas juste écrire un truc qui va être corrigé deux fois et se perdre en collection blanche. Avec Tibo, j’apprends toujours des choses.’ J’étais dubitative… et maintenant, comme, je pense, tous les auteurs Exprim’, je suis conquise. Avec Tibo, j’ai appris plus en deux ans que si j’en avais passé vingt avec un éditeur normal. Son anormalité est donc fort enrichissante. Tiens, j’ai pondu un billet de blog sur notre épuisante exaspérante fascinante productive collaboration : http://clementinebleue.blogspot.co.uk/2013/12/les-editeurs-qui-meditent.html

En exclusivité, je vous donne un exemple de gribouillage Tiboesque dans les marges des Petites Reines (me reprochant ici de multiplier les ‘je dis, il dit, elle dit’ dans tous mes dialogues) :

CB2

Et voili, c’est fini, c’est maintenant le temps des remerciements :

Clémentine : un très grand *merci*.

J’étais ravie de préparer ces questions et encore plus de découvrir vos réponses!

Et *merci* à la maison Sarbacane itou, à Juliette pour cette super proposition, à Tibo aussi, of course ;-)

Vous pouvez découvrir d’autres interview de Clémentine :

Filez vite chez Bob & Jean-Michel, chez Audrey et chez Marinette également!

Vous êtes encore là, vous avez un peu de place pour un peu de son et quelques images?

Ci-dessous, vous pouvez écouter la bande-son du roman Les Petites Reines :

Et voilà le teasing des Petites Reines :

* Lettres à mon cher petit frère * de Frédéric Kessler et Alain Pilon

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Cet album est un échange de lettres entre un bébé qui va naître très bientôt. Il est plutôt impatient mais aussi plein de questionnements… il ose s’en remettre à son grand frère de 3 ans en lui envoyant des missives auxquelles le grand frère répond en faisant souvent celui qui sait, il fait l’important. Il est le petit roi qui n’est pas vraiment prêt à accueillir ce nouvel être à la maison, mais qui ne sait pas vraiment à quoi s’attendre non plus! Les lettres de son petit frère ne vont ni plus ni moins lui permettre d’apprivoiser l’idée d’être grand frère. Et, de fait, au fil des lettres, s’établit un certain attachement entre les deux enfants. L’aîné laisse s’échapper ses craintes et ses angoisses, ose s’exprimer parfois durement :

Je ne vous connais pas encore, mais vous commencez déjà à m’énerver. Au centre du monde, j’y suis moi aussi, et j’y reste !.

Je ne vous en dis pas plus, vous ne pourriez pas comprendre.

Le bébé ne se laisse pas impressionner outre mesure, il est parfaitement innocent et n’a aucune mauvaise intention. Ce que doit bien reconnaître le grand frère…

P1040202P1040203 P1040204 Ecrire. Quel bon moyen pour exorciser ses peurs, ses craintes, pour laisser s’exprimer sa jalousie… Quelle manière originale de parler d’une famille qui s’agrandit et des relations fraternelles! Les dessins résolument rétro d’Alain Pilon, les tournures de phrases des deux enfants nous convient à une échappée originale, drôle et émouvante dans le pays de l’enfance. Lettres à mon cher petit frère est un album bien séduisant, j’vous le dis ;-)

Quelques autres images :

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Lettres à mon cher petit frère qui n’est pas encore né de Frédéric Kessler et Alain Pilon est paru chez Grasset jeunesse. L’album a sa page Facebook!