Clémentine Beauvais #1 – Interview

Mis en avant

Le 1er avril prochain,

vont sortir 2 romans de Clémentine Beauvais chez Sarbacane.

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Deux romans – un dans la collection Pépix : Carambol’Ange (illustré par Eglantine Ceulemans) et un dans la collection Exprim’ : Les Petites reinesque j’ai eu la chance avec quelques autres blogueurs de lire en avant-première grâce à Sarbacane! La maison d’édition nous a aussi permis d’interviewer Clémentine! Oui, absolument!

Les romans sont, croyez-moi ;-) , géniaux! et je vous les présenterai dans quelques jours… En attendant, je vous propose de lire les réponses aux questions que j’ai posées à Clémentine!

C’est parti?

C’est parti :-)

* De l’humour *

Carambol’Ange et Les petites reines vont paraître le mois prochain… Après la gravité de La pouilleuse et de Comme des images, voilà des textes plus légers et souvent drôles, un brin déjantés voire complètement barrés. Avez-vous cherché ce changement de ton et d’ambiance?

Aimez-vous l’humour? Auriez-vous envie de signer à nouveau des textes drôles? (juste une note : vos 2 textes paraîtront le 1er avril et ça me fait sourire!)

Clémentine Beauvais : Oui c’est sûr, je m’attends un peu à ce que toute l’équipe de Sarbacane m’appelle le jour de la parution en disant ‘POISSON d’AVRIL !! Il n’a jamais été question de sortir ces deux romans complètement idiots !! Rends-nous ton avance et va pleurer dans ton oreiller !’ (Ils seraient mal barrés, j’ai déjà tout dépensé en chaource et roquefort, ça coûte cher le fromage en Angleterre). J’ai déjà un certain nombre de textes drôles à mon actif : Les petites filles top-modèles en France, et tous mes livres anglais (deux séries pour enfants). D’ailleurs, les Anglais ne me réclament QUE des textes drôles. Je suis la comique de service chez les Grands-Britons. Il faut que j’invente huit gags à la minute pour ma série des Royal Babysitters, c’est épuisant. Je mange trois clowns chaque matin au petit-déjeuner, bien mixés dans mon porridge. Bref, oui, l’humour c’est en fait beaucoup plus ‘mon truc’ que le Sérieux, si on regarde bien.

* De l’illustration *

Parfois, vos textes sont illustrés, comme Carambol’Ange. Avez-vous un droit de regard sur l’illustrateur choisi? Connaissez-vous Eglantine et/ou avez-vous travaillé ensemble? si non, aimeriez-vous le faire, travailler en collaboration avec un illustrateur?

Avec Eglantine, on s’est envoyé des tas d’emails, au sujet de tout et de rien et de plein de choses, donc maintenant on est e-potes. Les collaborations avec les illustrateurs peuvent être incroyablement enrichissantes, et même modifier le texte. Avec Antoine Déprez, qui a illustré notre album La louve, on a eu de nombreuses discussions sur le texte et l’interaction texte-image. C’est une relation dynamique, l’illustrateur n’est pas un exécutant, il fait entièrement partie de la création aussi.

Quel regard portez-vous sur l’illustration?

Ecarquillé. J’adore recevoir les échantillons d’images, découvrir ce que l’illustrateur/trice a fait, repérer les petits détails drôles – Anne Rouquette, dans notre album Lettres de mon hélicoptêtre, a caché des inventions de Léonard de Vinci, des références au cinéma américain, une tasse de thé qui jamais ne tombe du ciel…

Avez-vous envie vous-même d’illustrer ?

Pourquoi pas, mais ce n’est pas une priorité pour l’instant.

* Des thèmes de prédilection? *

Vous abordez des sujets très divers dans vos textes. Il y a une superbe amitié intergénérationnelle dans Carambol’Ange, mais la question de la vie après la mort également. Des amitiés adolescentes dans Les petites reines mais aussi la question des apparences, du physique et de la différence mais pas seulement, la paternité, la guerre… et vous êtes toujours juste.

J’ai l’impression que vous pourriez parler de tout mais tout de même : avez-vous des thèmes de prédilection? Un thème qui vous tiendrait à cœur pour un prochain texte?

Merci, c’est gentil. Tout ça tourne souvent autour des questions de l’enfance (qui m’intéresse aussi d’un point de vue universitaire), du temps qui passe, de la difficulté de s’entendre avec les gens… Un truc qui n’a pas l’air de me fasciner pour le moment, c’est l’amour. J’y viendrai peut-être quand je serai grande. Sinon j’aimerais bien pondre une histoire qui se passe sur une durée plus longue, mes histoires sont toujours à fond les ballons, une journée pour La pouilleuse et Comme des images, trois jours pour Carambol’Ange, six jours pour Les petites reines… Un jour j’écrirai une immense fresque façon Les Maîtres de l’Orge ou Les oiseaux se cachent pour mourir, qui traiterait habilement au travers de multiples personnages des changements sociopolitiques consécutifs à l’évolution culturo-idéologico-sociétale d’une période charnière de l’histoire de France. Allez demain je m’y mets.

* Public et tranches d’âges *

Vous signez des textes d’albums, de romans courts pour des plus jeunes, de romans ados. Quelle est votre position face aux tranches d’âge?

Moins… euh… tranchée qu’avant ! Avant, je pensais qu’il était criminel de penser par tranche d’âge. Maintenant, j’en comprends un peu plus la logique. Personnellement, je préfère parler en termes de classes qu’en termes d’âge – la barrière de la sixième change tellement de choses dans la vie d’un enfant qu’il y a souvent plus de différence entre deux enfants de 11 ans dont l’un est en CM2 et l’autre en sixième qu’entre deux enfants de 10 et 12 ans qui sont tous les deux en CM2. Mais ça reste une généralisation principalement utile aux créateurs, aux éditeurs, aux médiateurs et aux parents. Je ne l’utiliserais jamais pour restreindre l’accès à un livre.

Carambol’Ange est un Pépix qui serait plutôt destiné aux 8-12 ans. Qu’avez-vous ressenti durant l’écriture de ce Pépix?

C’était un livre hyper agréable à écrire, qui m’a vraiment emportée (ce qui n’arrive pas toujours !). Ca faisait longtemps que je voulais ‘mon’ école magique… et toute une batterie de personnages grandioses et grotesques pour aller avec. Et j’ai adoré décrire les balades en taxi volant (alors que je suis tellement terrifiée par l’avion que je suis sous Lexomil pour le moindre petit vol d’une demi-heure).

Vous avez plusieurs romans ados chez Sarbacane. Etes-vous particulièrement à l’aise avec la tranche grands adolescents?

Pas forcément, non ! Je suis ‘tombée dedans’ un peu par hasard avec La pouilleuse, et ça m’a plu, donc j’ai continué avec Comme des images, et j’avais dans l’idée de faire un triptyque sur la jeunesse dorée parisienne. Finalement, ça ne s’est pas fait. J’ai préféré m’évader en province pour Les petites reines. La jeunesse dorée parisienne y réapparaît trois secondes vers la fin, et je pense que ça suffit.

Prêtez-vous attention durant l’acte d’écriture à la tranche d’âge à laquelle s’adressera a priori votre texte? Ou l’acte d’écrire précède-t-il les réflexions du public et de l’insertion dans une collection?

Non, j’y prête beaucoup d’attention, à la fois avant et pendant l’écriture. Maintenant que je fais beaucoup de visites d’école, je teste un peu mes blagounettes et je vois si ça marche, j’écoute les enfants et je leur vole leurs questions et leurs problèmes de manière franchement éhontée. Ca ne m’obsède pas, la question du lecteur, mais elle est toujours là quelque part. J’ai du mal à croire les écrivains (jeunesse ou autre, d’ailleurs) qui disent qu’ils ‘écrivent pour eux et puis c’est tout’. Je pense soit qu’il se trouve que leur psyché est miraculeusement connectée à celle de toutes les autres de la planète, soit qu’ils sont d’un narcissisme pathologique. Dans la première catégorie, il n’y a qu’une seule personne, J.K. Rowling. Le reste => narcissisme pathologique.

* Travailler avec un éditeur, avec Tibo Bérard *

Comment est-ce de travailler avec Tibo? Aimez-vous travailler avec lui? (Note : Tibo Bérard dirige les collections Pépix et Exprim’.)

Tibo a la réputation de corriger les manuscrits quinze fois avec son propre sang, de protéger sa collection tel Harpagon sa cassette, et de chouchouter ses auteurs comme si c’était des chatons mignons. C’est une réputation entièrement méritée. Petite anecdote : bien avant de travailler avec Tibo, je bavardais un jour avec un/e Auteur-Phare-de-la-Maison (expression qui m’évoque toujours un gros insecte luisant) qui avait été fortement courtisé/e par des Grands Editeurs pour Adultes. Ayant exprimé mon étonnement qu’ilouelle ne donne pas leur chance à Monsieur Gallimard ou Madame Flammarion, l’auteur me répond : ‘Tibo, il bosse avec moi pendant six, sept, huit mois sur mon manuscrit. Il couvre des pages et des pages de notes, il me parle au téléphone pendant deux heures. C’est ça que je recherche comme relation avec un éditeur, pas juste écrire un truc qui va être corrigé deux fois et se perdre en collection blanche. Avec Tibo, j’apprends toujours des choses.’ J’étais dubitative… et maintenant, comme, je pense, tous les auteurs Exprim’, je suis conquise. Avec Tibo, j’ai appris plus en deux ans que si j’en avais passé vingt avec un éditeur normal. Son anormalité est donc fort enrichissante. Tiens, j’ai pondu un billet de blog sur notre épuisante exaspérante fascinante productive collaboration : http://clementinebleue.blogspot.co.uk/2013/12/les-editeurs-qui-meditent.html

En exclusivité, je vous donne un exemple de gribouillage Tiboesque dans les marges des Petites Reines (me reprochant ici de multiplier les ‘je dis, il dit, elle dit’ dans tous mes dialogues) :

CB2

Et voili, c’est fini, c’est maintenant le temps des remerciements :

Clémentine : un très grand *merci*.

J’étais ravie de préparer ces questions et encore plus de découvrir vos réponses!

Et *merci* à la maison Sarbacane itou, à Juliette pour cette super proposition, à Tibo aussi, of course ;-)

Vous pouvez découvrir d’autres interview de Clémentine :

Filez vite chez Bob & Jean-Michel, et chez Marinette également!

Vous êtes encore là, vous avez un peu de place pour un peu de son et quelques images?

Ci-dessous, vous pouvez écouter la bande-son du roman Les Petites Reines :

Et voilà le teasing des Petites Reines :

Atelier photo – AmeGraphique #11 – fil

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est FIL !

AmeGraphique #11 – fil

20150323_103236J’ai trouvé dans ma boîte aux lettres un délicat paquet cette semaine. Sous un joli fil colo et un fin papier de soie se trouvait l’album “La drôle de fleur” écrit par Géraldine Renault et illustré par Naomi Katsu (c’est son premier album!) : la nouvelle parution des éditions Marcel & Joachim – l’album sort aujourd’hui en librairie!

* Encore merci Marcel & Joachim ;-) *

AmeGraphique #11 bis (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre) - fil

Vers où allions-nous? Une seule chose était sûre : nous nous éloignions d’un pays désormais hostile. J’ai eu envie de ville tout d’un coup. D’un lieu où je ne connaîtrais personne, d’une plaine large avec un ciel immense, où rien n’arrêterait le regard. Pourtant, j’aimais mes montagnes. Et quoi qu’il arrive, mon père, qui avait acheté ses terres hectare après hectare au fil des années, ne voudrait jamais la quitter.

Extrait de Un ours dans la bergerie de Quitterie Simon chez Thierry Magnier, un roman à paraître en avril prochain.

Atelier photo – AmeGraphique #10 – PEUR

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est peur!

AmeGraphique #10 – PEUR

P1020809Du flou. C’était en février 2015, à Fotokino, lors de la visite de l’expo de Chloé Poizat.

Je prenais en photo une carte et mon appareil m’a fait une surprise floutée. Je l’aime beaucoup cette photo et elle me fait peur aussi.

Ce flou est pour moi lié à l’oubli, à la perte de mémoire. Deux choses qui m’effraient.

AmeGraphique #10 bis – PEUR

P1040239Je ne vais pas encore fermer l’oeil de la nuit… J’ai peur, moi, tout seul…

Extrait du 3ème volume de la série Paola Crusoé de Mathilde Domecq chez P’tit Glénat.

Le 3ème tome est sorti la semaine dernière et clôt la série. Si vous ne connaissez pas les aventures de cette famille à la Robinson Crusoé, je vous la conseille chaudement ;-)

* Lettres à mon cher petit frère * de Frédéric Kessler et Alain Pilon

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Cet album est un échange de lettres entre un bébé qui va naître très bientôt. Il est plutôt impatient mais aussi plein de questionnements… il ose s’en remettre à son grand frère de 3 ans en lui envoyant des missives auxquelles le grand frère répond en faisant souvent celui qui sait, il fait l’important. Il est le petit roi qui n’est pas vraiment prêt à accueillir ce nouvel être à la maison, mais qui ne sait pas vraiment à quoi s’attendre non plus! Les lettres de son petit frère ne vont ni plus ni moins lui permettre d’apprivoiser l’idée d’être grand frère. Et, de fait, au fil des lettres, s’établit un certain attachement entre les deux enfants. L’aîné laisse s’échapper ses craintes et ses angoisses, ose s’exprimer parfois durement :

Je ne vous connais pas encore, mais vous commencez déjà à m’énerver. Au centre du monde, j’y suis moi aussi, et j’y reste !.

-

Je ne vous en dis pas plus, vous ne pourriez pas comprendre.

Le bébé ne se laisse pas impressionner outre mesure, il est parfaitement innocent et n’a aucune mauvaise intention. Ce que doit bien reconnaître le grand frère…

P1040202P1040203 P1040204 Ecrire. Quel bon moyen pour exorciser ses peurs, ses craintes, pour laisser s’exprimer sa jalousie… Quelle manière originale de parler d’une famille qui s’agrandit et des relations fraternelles! Les dessins résolument rétro d’Alain Pilon, les tournures de phrases des deux enfants nous convient à une échappée originale, drôle et émouvante dans le pays de l’enfance. Lettres à mon cher petit frère est un album bien séduisant, j’vous le dis ;-)

Quelques autres images :

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Lettres à mon cher petit frère qui n’est pas encore né de Frédéric Kessler et Alain Pilon est paru chez Grasset jeunesse. L’album a sa page Facebook!

❤ Pablo et la chaise ❤ de Delphine Perret aux Fourmis rouges

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Aujourd’hui est le premier jour de l’automne.

C’est ce que disaient les journaux, le matin de l’anniversaire de Pablo. Ils ne parlaient pas de la petite croûte sur le genou de Pablo, qu’il s’était faite en tombant dans les graviers. Ils ne parlaient pas non plus de sa victoire au foot le jour d’avant, ni de son anniversaire.

C’était pourtant l’événement le plus important de la journée.

Ainsi démarre Pablo et la chaise. Qu’entre nous soit dit, Pablo semble être un enfant un tout-p’tit-brin-égocentrique… mais ne nous arrêtons pas là! Pablo est un enfant joueur, cascadeur et frondeur. Bref, c’est un enfant plutôt remuant!

P1040236Durant sa fête d’anniversaire – car même si les journaux n’en parlent pas, il y a une fête ;-) –, Pablo va découvrir parmi d’autres paquets une chaise. Une chaise. Oui oui. Mais qu’est-ce qu’on peut faire d’une chaise?? Que de dépit dans les yeux de Pablo quand il la découvre. “Pour te tenir tranquille, un peu!” glisse quelqu’un…

Pablo file dans sa chambre avec la chaise. Il commence par lui faire la tête à cette chaise. Malgré tout, il passe la journée avec elle et non pas avec ces autres cadeaux, étonnant, n’est-il pas? Et à la fin de la journée, Pablo n’est rien moins que funambule-de-dossier-de-chaise! Une drôle d’activité dont Pablo va faire sa spécialité.

Après quelques jours on le vit sortir de sa chambre avec la chaise sur le dos. Il traversa le salon, ouvrit la porte d’entrée et se retourna pour faire un large “coucou” de la main. Ensuite, il prit la route à grands pas.

Pablo va traverser des contrées et des régions, des pays aussi. Pablo – et sa chaise – vont présenter ici et là des numéros d’équilibriste, Pablo va présenter des spectacles et rencontrer partout où il passe le succès. Celui-ci ne lui monte pas à la tête, au contraire.

Malgré les hôtels chics, le strass et les paillettes, il reconnaissait encore le bruit d’une libellule qui passe et le petit air tiède qui vous caresse les cheveux le soir au balcon.

(Que j’aime cette phrase… !)

Un matin, après nombre de voyages, après 1000 représentations et numéros, Pablo va reprendre le chemin de la maison. A peine arrivé et tout naturellement, Pablo pose sa chaise, s’assoit dessus (!), sourit et déclare très simplement : “J’ai beaucoup de choses à vous raconter!”

P1040237Swoush, quel album original et étonnant! Funambule-de-dossier-de-chaise : en voilà une drôle de spécialité! Une spécialité qui naît de pas grand-chose, de l’imagination d’un petit garçon alliée à une chaise. J’aime le ton de Delphine Perret, sobre et tellement efficace. Il n’y a pas de message ou de “leçon” donnée, non ! –tout est en finesse, en filigrane… On n’a pas besoin de grand-chose pour être heureux, voilà. Pablo ose partir, aller hors des sentiers battus. Il ne se charge de rien, va parcourir les chemins, trouver sa voie et grandir.

Pour finir, j’ai envie de dire : chapeau bas à Delphine Perret et aux Fourmis Rouges. J’adore la mise en page, la couverture so flashy, le bel objet-livre qu’est Pablo et la chaise. Bref, j’ ❤ Pablo et la chaise  ! :-) (et Bob et Jean-Michel aussi!)

A noter :

Delphine Perret est l’invitée d’honneur de l’édition 2015, Cap ou pas Cap ?, de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne. Avec une expo notamment, un Kakémono de “Pablo et la chaise” réalisé par les étudiants de l’École Émile Cohl, des rencontres, etc.

Atelier photo – AmeGraphique #9 – CARTOGRAPHIE

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est CARTOGRAPHIE !

AmeGraphique #9 – CARTOGRAPHIE

Le mot cartographie m’évoque en premier une carte. Puis un plan. Placer des repères dans l’espace / dans un pays / dans une ville / dans un village. Un espace réel ou imaginaire. Chercher un point sur un plan. Planifier un trajet. Visiter une contrée inconnue ou chercher la boulangerie la plus proche. Rêver des vacances prochaines, dans “tel pays” ou “telle région”?. Chercher la station de métro la plus proche. Etre loin. Etre proche. Tout est question de point de vue. Question d’échelle et de mesure. Pieds, miles, kilomètres…

Avant (avant d’être adulte disons), les cartes routières ne me faisaient vraiment pas rêver mais que j’aime ça maintenant… J’aime regarder les anciennes représentations du monde. Les imagées et/ou imaginées. Les contemporaines. J’aime les atlas. ▲ Je n’ai pas de globe à la maison, mais 2-3 livres que j’ouvre souvent. 2-3 livres qui sont parmi mes préférés dans tout ceux que contient l’appartement (CARTES chez Rue du monde ; A MAP of the WORLD chez Gestalten ; Atlas des animaux aussi chez Albin Michel jeunesse). J’aime le mot mappemonde. Et j’aime la mappemonde de Delphine Jacquot pour Les Fourmis rouges. J’aime les cartes sur les planches Deyrolle. J’aime les plans de villes. De régions. De pays. D’îles. J’aime les mondes que créent des artistes. Là tout de suite, je pense à Danslaforêt de Ramona Badescu (Albin Michel jeunesse). Au Territoire Infranchissable dans Les Chroniques de Wildwood de Colin Meloy (Michel Lafon). Il y en a tellement d’autres… J’aime imaginer des lieux à partir de leurs noms. Découvrir une rue Monsieur sur un plan de ville et chercher s’il y a une rue Madame pas loin…

Et j’aime le mot cartographie. Ses 4 syllabes. Car-to-gra-phie.

Tous les éléments que je cite plus haut sont éparpillés un peu partout dans l’appartement. J’en ai réunis quelques-uns et voilà ma cartographie. Soit un peu de ma géographie et beaucoup de mon imaginaire.

P1040218Quelques-uns de mes plans – cartes – atlas et autres mappemondes.

C’est très figuratif et pas très artistique comme photo mais ça me convient comme ça.

Avec des détails :

2015-03-12

AmeGraphique #9 bis (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre) – CARTOGRAPHIE

P1040232J’ai eu la chance de lire en avant-première Les petites reines de Clémentine Beauvais la semaine dernière et j’ai fort souri à ce passage, forcément!

Klaus affirme que le propre de l’être humain, c’est de planifier et de cartographier. L’être humain fait des programmes, des plannings, des cartes, des prévisions. L’être humain, c’est celui qui sait qu’il y aura un demain et qu’il faut le prévoir, le préparer, le prophétiser.
Patricia Laplanche, ma mère, pense le contraire. Elle
pense que le propre de l’être humain, c’est qu’il se délecte
de l’étonnement, de l’imprévu, du nouveau. L’être
humain planifie et cartographie, certes – mais ce n’est pas
ce qui le rend humain. Au contraire, ça, c’est son côté animal. L’animal aussi planifie. L’abeille sculpte des alvéoles hexagonales, le chat calcule la trajectoire de sa patte vers le papillon qu’il veut attraper (sauf Babyboule, qui est nul en chasse aux papillons). Mais l’être humain, lui, est proprement humain au contraire parce qu’il tire de la nouveauté et de l’inattendu de tout cet ordre. L’art, les
émotions et la vie sont ce qui arrive quand les prévisions,
les programmes et les prédictions échouent.

Extrait de Les petites reines de Clémentine Beauvais chez Sarbacane, un (excellent, vraiment!) roman à paraître le 1er avril prochain.

 

Les Petits Chaperons rouges de Joanna Concejo aux éditions Notari

P1040182 P1040183Ce n’est un Petit Chaperon Rouge qu’on trouve dans cet album mais deux!

En ouverture, il y a un texte de Jacques-Pierre Amée, le petit-petit-petit-fils de Charles Perrault. Puis on découvre la version de Charles Perrault avant de passer à la version des frères Grimm. C’est Joanna Concejo qui signe les illustrations de l’album dans son entier. La traduction des deux textes est de Charles Deulin et date de 1879 (éd. Dentu) : c’est donc un retour aux origines de ces textes. Voici un extrait de chaque, juste pour se remettre dans l’ambiance car même si l’héroïne et l’histoire sont archi-connueq, il est rare aujourd’hui d’avoir à faire au texte original.

En premier, Perrault :

Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court ; et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons et à faire des bouquets de petites fleurs qu’elle rencontrait.

Pour suivre, Grimm :

Le loup pressa la clenche, la porte s’ouvrit, et le rusé, sans dire un mot, alla droit au lit de la grand’mère et l’avala. Puis il passa ses vêtements, mit ses coiffes, se coucha dans le lit et ferma les rideaux.

Le petit Chaperon avait continué de chercher des fleurs. Quand elle en eut tant cueilli qu’elle n’en pouvait porter davantage, elle repensa à la mère-grand et se remit en route.

(que j’aime, mais que j’aime l’illustration placée en face de cette page, l’image du loup est terrible! – on la voit un peu plus bas.)

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***

Le texte est parfois en page de gauche et parfois en page de droite et l’illustration placée en face. L’illustration peut aussi occuper une double-page, et même plusieurs doubles-pages de suite – j’aime particulièrement l’enchaînement de 3 doubles dans la version des Grimm. La mise en page de l’album n’est pas “prévisible”, il y a une vraie liberté qu’on ne peut qu’apprécier!

Il y a à la fin de l’album comme un bonus (un peu comme la plage cachée d’un album CD) : la repro photo en double-page d’une broderie de Joanna Concejo, *Little Red Riding Hood*. Cette broderie est superbe et clôt merveilleusement l’album! Notons pour finir que la fabrication est soignée comme toujours chez Notari. Ce Petit Chaperon Rouge est un très bel objet!

P1040198La broderie Little Red Riding Hood

Pour toutes les images : copyright Joanna Concejo, Notari, 2015.

On peut voir d’autres images sur le site de Notari et sur le blog de Joanna Concejo.

Le Petit Chaperon Rouge de Perrault et des frères Grimm avec des illustrations de Joanna Concejo est paru aux éditions Notari.

À New-York fin février – début mars #3 – on a froid mais on en prend plein les mirettes.

P1030870 P1030956❤ Traverser le pont de Brooklyn à pied, sous le soleil. ❤

P1030975Manhattan, vu depuis Brooklyn.

P1030980à Brooklyn

P1030629Sur la High Line ce matin-là, il n’y avait quasiment que nous 2

- et c’était très bien comme ça :-) !

P1040080Et pour notre dernier jour à New-York, il a neigé et c’était vraiment beau!

(Ma photo a l’air tristoune mais c’est qu’un air ;-) !)

So… le voyage est fini! Je me suis régalée à choisir les photos, à me souvenir des bons moments. Vivement les prochaines vacances :-)

À New-York fin février – début mars #2 – il y a des écureuils et on va dans des librairies.

À New-York fin février – début mars, les écureuils n’hibernent pas tous :-)

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à Union Square, à Central Park…

À New-York fin février – début mars, on va dans les librairies!

P1030256 P1040017 P1040018 P1040046chez Strand Books, Where Books are loved.

La dernière photo est prise durant le story hour (heure du conte) qui a eu lieu dimanche 1er mars. Kirsten Hall et Dasha Tolstikova, respectivement auteur et illustratrice (et toutes deux absolument adorables) de The Jacket (paru chez Enchanted Lion Books l’année dernière) proposaient une lecture suivie d’un atelier (création d’une jaquette de livre) autour de leur album et c’était excellent!

P1030656Chez Posman Books à Chelsea Market.

J’adore cette mini-chaîne indépendante de librairies avec ses libraires super serviables. Les choix sont beaux, il y a plein de choses que j’adore qui sont en avant et en piles, dont les albums de Benjamin Chaud ;-)

P1030833 Passage par Westsider Books, avec un p’tit air de Shakespeare & Company à Paris.

P1030715 P1030705Bank Street Bookstore est une excellente librairie spécialisée jeunesse -avec des libraires qui conseillent!- dans le quartier d’Upper West Side qui organise des story hours quotidiens (!).

La librairie vient juste de s’installer dans un nouvel espace qui va être inauguré ce week-end avec un story time toute la journée du samedi 7 mars et plein de supers auteurs invités (et j’aurais drôlement aimé être là!).

P1040008Books of Wonder est LA librairie spécialisée jeunesse du coeur de Manhattan. Il y a de très bons choix sur les étagères, des libraires là aussi qui conseillent et beaucoup des exemplaires vendus sont dédicacés par leurs auteurs.

Et voilà ce que j’ai ramené de ces endroits de perdition :-) :

P1040083J’ai été je trouve parfaitement raisonnable durant ces vacances :-)

Résister à un exemplaire de Hansel & Gretel “oversized deluxe” (il faut comprendre grand format!), d’occasion et dédicacé par Neil Gaiman ET Lorenzo Mattotti?? Impossible! ▼ Impossible également de repartir sans le dernier album d’Oliver Jeffers, Once upon an alphabet, dédicacé lui aussi! ▼ J’ai trouvé d’occasion un exemplaire de The Composer is dead illustré par Carson Ellis! Je suis fondue de ce que fait cette dame (elle est l’illustratrice du groupe The Decemberists et elle illustre la série de romans Wildwood (disponibles en France chez Michel Lafon). ▼ Je trépignais d’impatience depuis plusieurs semaines de voir Home disponible… La parution était la semaine dernière et j’étais comme une dingue en le découvrant dans les librairies! Home est le premier album de Carson Ellis, elle a tout fait, signé les textes et les illustrations. Et il est juste superbe. ▼ Et enfin, le dernier jour, Kirsten Hall et Dasha Tolstikova m’ont dédicacé leur génial The Jacket

(Et Mister G.?

Mister G. s’ennuierait-il dans les librairies? Non non! Il a acheté plus de livres que moi! Absolument!)

Pour finir et pour sourire, il y a parfois dans les librairies des couvertures qui piquent les yeux!

La palme du “??!?” revient à…

20150228_161958-1Peanut Butter & Cupcake! de Terry Border (Penguin Young Readers Group) conte l’amitié d’un toast tartiné de beurre de cacahuètes et d’un cupcake au splendide glaçage rosé… Les incrustations photos étaient épouvantables.

Dans le même genre, The Secret life of Squirrels (de Nancy Rose) était pas mal aussi.

20150228_161950Les anglo-saxons aiment les incrustations de photos dans les livres mais le résultat est souvent cheap, de mauvaise qualité et ça sent la mauvaise utilisation de Photoshop…

Suite et fin dans un prochain billet…

Atelier photo – AmeGraphique #8 – DEMAIN

agUn atelier photographique,

AmeGraphique,

a commencé il y a quelques semaines sur le blog du petit carré jaune.

Elle donne un mot et le jeudi, les participants publient une photo pour le représenter.

En résumé : une semaine, un mot, une photo. Et le mot de cette semaine est DEMAIN !

AmeGraphique #8 – DEMAIN

P1040114-001J’ai pris cette photo représentant le mot demain hier après-midi, mercredi 4 mars. Hier, en pensant à demain, je ne voulais avoir en tête que aujourd’hui (soit hier), ou maintenant, le moment présent…

;-)

(Avec Home en toile de fond, le premier album de Carson Ellis paru chez Candlewick Press la semaine dernière)

Demain. Bien. Comment représenter demain?

J’ai une tendance un peu trop prononcée à penser sans cesse à après, à vouloir faire toujours plus vite, mieux, à faire plusieurs choses en même temps, souvent afin de gagner du temps pour le lendemain. Et tout ça, plus ça va, moins ça me plaît. Arrêter de voir toujours plus loin et de vouloir aller toujours plus vite pour mieux profiter de maintenant, c’est à ça que je veux arriver.

Pour moi, penser à demain, c’est donc profiter du moment présent. Et c’est ce que dit ma photo. Sur celle-ci, il y a un peu d’hier après-midi 4 mars. Il y avait pleiiiin de choses dont je voulais profiter. Et dont j’ai profité, presque sans culpabiliser. Presque. ▲ J’ai pris le temps de me faire plein de thé, d’écouter la bouilloire siffler. De prendre tous les médocs qu’on m’a prescrits, de compter les granules, les gouttes, de faire pschitt, etc. etc. De mettre et remettre de l’Arnigel sur mon cou. De mettre un pull parce que j’ai froid et l’enlever quelques minutes après parce que j’ai chaud et recommencer. ▲ De penser aux vacances extraordinaires qu’on a passé à New-York la semaine dernière, de regarder les albums que j’ai ramenés et les re-re-re-relire, de penser aux story hours géniaux auxquels on est allés dans 2 librairies américaines ; de penser aux auteurs américaines avec lesquelles j’ai parlé (en anglais!) dimanche matin, c’est réaliser que j’ai rencontrée Claudia Zoe Bedrick, l’éditrice de la géniale maison d’édition américaine Enchanted Lion Books ▲ c’est réaliser que mon histoire avec mister G. a très précisément 6 ans en ce 4 mars et que ça fait des papillons dans mon ventre. ▲ Profiter, c’est trier des photos de New-York et en choisir quelques-unes pour les personnes proches. Ecrire des billets pour le blog sur ce voyage. ▲ C’est penser à mes questions pour l’interview de Clémentine Beauvais que je prépare. C’est me bidonner en lisant des pages des Mous de Delphine Durand (à paraître en avril aux éditions du Rouergue) et qu’est-ce que j’ai ri aussi avec la première partie de Les petites reines (de Clémentine Beauvais, à paraître en avril chez Sarbacane)…

Ce mercredi après-midi, je me suis forcée à ne pas me rendre malade en pensant à demain. Me rendre malade plus que je ne l’étais?? C’est bête hein? Je suis rentrée de notre semaine de vacances ce début de semaine vraiment malade, grippée et j’avais 2 jours d’arrêt. Et je m’inquiétais, et comment va se passer le retour à la librairie demain -enfin non, aujourd’hui jeudi 5 mars! “Mais ça va être juste horrible, ou terrible, ou les 2 en même temps??!”, avec les bons d’offices à renvoyer, les messages, la boîte mail pro, 1000 nouveautés qui sont parues et le sentiment d’être en retard sur tout, l’impression de ne pas faire assez bien / assez vite et en filigrane, la culpabilité d’avoir été malade. C’est comme ça que je suis et c’est fatigant, usant et juste stressant. Et puis ça sert à rien. (Et c’est très facile de l’écrire, moins de ne plus le faire…)

Bon. Demain, enfin aujourd’hui, enfin en ce jeudi 5 mars, je vais tenter de ne pas paniquer. Je vais revoir mes collègues, je vais être juste dingue de voir tout ce qui est arrivé pendant que j’étais pas là à la librairie, je vais revoir mes étagères, j’ouvrirai la boîte mail et j’aurai même pas peur… Et je vais ramener pleiiiiin de livres à la fin de la journée. Point.

AmeGraphique #8 bis (ça c’est mon truc : c’est une représentation du mot de la semaine dans un livre)DEMAIN

IMGP5813demain

Le jour qui suivra après avoir dormi cette nuit.

Extrait de l’album Les mots du temps de Catherine Grive & Janik Coat chez Thierry Magnier.